Dimanche, lever à 7h45. J'ai rendez vous à la gare à 8h40 devant le Starbucks Café (très populaire au Japon), le problème c'est que je ne l'ai jamais vu. Pourtant j'emprunte très souvent cette gare. Pensant donc qu'il est caché dans un recoin obscure de la gare, je pars plus tôt. En fait il n'est pas du tout caché, c'est juste que je n'avais jamais fait attention à lui. Il y aurait eu une librairie d'occasion à la place, pour sûr que je l'aurais repérée dès le premier jour ! Trois japonaises me rejoignent et nous partons pour Kyôto. Elles sont impressionnées par ma taille (il faut dire que deux d'entre elles font moins d'un mètre soixante) et par le fait qu'en France on apprenne deux langues étrangères à l'école. "Nous on apprend l'anglais pendant 10 ans mais on est incapables de comprendre, parler, lire ou même écrire" me confie l'une d'elle en riant. Arrivées à la gare de Tôji (le temple de l'est), nous retrouvons une chinoise et une autre japonaise. Il n'y a plus qu'à suivre la foule qui se rend au Tôji pour flâner entre les divers stands du Kôdô market, marché aux puces se tenant dans l'enceinte du temple tous les mois le 21 en hommage à Kûkai, le fondateur d'un courant bouddhiste, mort un 21.


Nous déambulons entre les stands de kimono, d'antiquités, de nourriture, ... avant de visiter le temple en lui même. En effet, ce temple est doté d'un nombre assez impressionnant de statues bouddhiques, et la pagode de 5 étages est la plus haute du Japon.


Des fausses maiko sont venues visiter le temple

Nous nous dirigeons ensuite vers le centre ville de Kyôto, là où se trouvent toutes les boutiques, pour retrouver notre dernière recrue, une mongole, pour aller manger dans un petit resto sympa et pas cher avant de se diriger vers la partie ancienne de la ville pour visiter la rue où se trouve l'école des apprenties geisha, les maiko. Nous avons même la chance de croiser 2 maiko, chose assez rare aux dires des japonaises qui m'accompagnent.



Cette fois c'est une vraie maiko


Ochaya (salle de thé) où officient les maiko


Dans la vieille ville on trouve beaucoup de ces mayoke (talisman) pour protéger les occupants des maladies

Nous allons ensuite au Gosho, là où se trouve le palais impérial (Kyôto, à l'époque appelée Heian, a succédé à Nara en tant que capitale jusqu'en 1868. L'enceinte du palais impérial est imposante et le toit des bâtiments que nous appercevons donnent vraiment envie de rentrer, mais c'est malheureusement fermé au public.


Laissez moi rentrer, promis je serai sage !


Du parc on a vue sur une des cinq montagnes sur laquelle est inscrit un kanji que l'on brûle lors de la fête des morts en Août

En passant nous assistons aux derniers préparatifs pour le Jidai matsuri (fête des époques), un des trois plus gros matsuri de Kyôto, qui doit se tenir le lendemain. C'est assez frustrant d'être là la veille, alors que le lendemain j'ai cours ...


Des tribunes à perte de vue ...

Nous avons deux heures à tuer, du coup les japonaises nous emmènent au musée du manga. Ils possèdent une collection impressionnante de mangas, des premières éditions introuvables aux mangas sortis récemment. En fait, ce musée ressemble plus à une bibliothèque géante qu'à un musée, très peu d'explications y étant données. Des tas de japonais sont debout dans les couloirs, ou assis dans les escaliers, à lire, ce qui renforce cette impression de bibliothèque. Quelques dessinateurs sont là pour montrer leur travail.


Un des nombreux couloir-bibliothèque

Dehors, dans le parc, des dizaines de japonais déambulent en cosplay (costumes inspirés des héros de dessins animés, de mangas ou de jeux vidéos), se prenant les uns les autres en photo. Visiblement ce rassemblement ne doit être visible que le week end, les participants étant en grande partie des lycéennes.



Des photographes amateurs équipés comme des pros sont aussi de la partie

En repartant nous passons devant l'hotel de ville où des jeunes habillées comme dans les années 60 se dandinent sur du vieux rock japonais.

Puis nous traversons la Kamogawa d'où l'on a une vue imprenable sur les montagnes entourant la ville.

Enfin, nous nous rendons dans un Izakaya en banlieue de Kyôto pour clore notre journée bien remplie (et oui, encore un izakaya) où nous avons même droit à une salle privée.


L'entrée de l'izakaya


Si vous voyez cette boule sur un édifice, c'est bon signe, c'est qu'ils vendent ou fabriquent de l'alcool japonais


Un set de 3 alcools différents pour 3€ !

Après quelques verres, Akira commence à parler anglais. Elle veut me demander quel âge a mon copain et me lance un "how many ?". Tout le monde riant, elle se reprend et me dit "how much ?" Finalement elle laisse tomber, trop hilare pour trouver la bonne traduction. Puis, se dirigeant vers les toilettes, elle nous sort "I am a toilet". Cette phrase nous a achevées. Merci donc à Akira d'avoir illustré ce qu'elle me disait le matin même : les japonais sont des quiches en anglais (et encore je vous ai pas parlé de la prononciation à la japonaise tout en phonétique qu'à la fin ça ressemble plus à rien !)


Les filles nous préparent le dernier plat salé de la soirée

Nous rentrons ensuite chez nous, notre petit groupe se retrecissant au fil des stations. Je me retrouve à la fin seule avec Mayu qui habite à côté de la fac. Elle me confit qu'elle était très anxieuse ce matin parce qu'elle n'avait jamais parlé à une étrangère non asiatique et qu'elle appréhendais un peu mais qu'elle était ravie parce que ça s'était très bien passé. Qu'est ce que j'aurais du dire moi ! Je ne connaissais personne, Midori n'ayant finalement pas pu venir. Mais en effet ça s'est très bien passé, les organisatrices nous ont expliqué des tas de choses sur les lieux visités, et surtout nous nous sommes amusées. Un regret néanmoins, que le Jidai matsuri ait lieu en pleine semaine ... Le problème c'est que le défilé a lieu de 12h à 14h30 à en croire le site de la ville de Kyôto et que j'ai cours jusque 12h10, sachant qu'il faut une bonne heure et demie pour rejoindre le lieu du défilé de Nara. Est ce que ça vaut le coup, surtout que ça risque d'être bondé ... C'est avec ce casse tête insoluble que je m'endors.