jeudi 29 novembre 2007

Retour à Kyoto (partie 3) - Le temple aux deux visages

Pour conclure cette escapade à Kyoto, le célèbre Kiyomizudera (temple de l'eau pure) qui aurait été batit au 8ème siècle. Les bâtiments visibles de nos jours datent du 17ème siècle. Pas besoin de long discours, voir les photos devrait suffire pour comprendre pourquoi ce temple est un des plus célèbres du Japon.

En chemin j'ai découvert qu'ils avaient mis en place une visite de nuit spécialement pour le momiji. Qu'à cela ne tienne, je le ferai de jour ET de nuit. Malheureusement le soleil a définitivement décidé de rester caché sous un épais manteau de nuages, autant pour la nuit ça ne change rien, mais pour le jour le manque de luminosité retire une partie de la magie de ce site magnifique. La première fois je l'ai vu sous la pluie, cette fois ci sous les nuages, la prochaine fois sous un beau soleil ?






Au loin, noyée dans la foret, se détache une pagode






La vue la plus célèbre du Kiyomizudera


Après un peu de marche on atteint la pagode que l'on pouvait apercevoir au loin




On prend le même et on recommence, mais de nuit cette fois.






Des japonais priant, pas de repos pour les divinités ce soir



mercredi 28 novembre 2007

Retour à Kyoto (partie 2) - En route pour le Kiyomizudera

Finalement l'escapade à Kyoto sera scindée en trois parties, le nombre restant de photos étant encore trop élevé.

Après avoir visité les deux célèbres pavillons d'or et d'argent, je suis partie en direction du Kiyomizudera, un des temples les plus célèbres de Kyoto. Mais avant d'y arriver, le chemin est long et semé de temples et de sanctuaires, le Kiyomizudera étant un peu excentré de la ville. N'ayant pas le temps de m'arreter pour visiter, et le soleil étant de moins en moins propice aux photos, je n'ai donc pas trop trainé en chemin.




La fleche d'un temple domine les érables









En montant un peu plus vers le Kiyomizudera, on aperçoit la tête d'une gigantesque statue de Kannon, la déesse de la miséricorde. Elle surplombe un temple dédié aux victimes de la seconde guerre mondiale, construit en 1955. A l'entrée, on y donne un baton d'encens à mettre à bruler dans le kôro (grande vasque où l'on fait bruler de l'encens) situé devant l'entrée du temple.



Des dizaines de batons d'encens se consument dans le kôro


Après avoir passé tous ces temples et ces sanctuaires, on arrive sur des ruelles commercantes s'enchainant jusqu'au Kiyomizudera.


Reste plus qu'à grimper encore un peu et on y est !

mardi 27 novembre 2007

Retour à Kyoto (partie 1) - Les pavillons jumeaux

Oui j'avoue, hier j'ai lachement séché le cours de grammaire pour aller à Kyoto, mais c'était pour la bonne cause ! En plus à partir d'aujourd'hui il fait à nouveau moche, donc pour faire des photos potables c'est foutu. J'ai pris pas loin de 270 photos donc je scinde la visite à Kyoto en deux parties. J'avais prévu d'y retourner demain mais le temps devant rester très nuageux, je crois que c'est raté. J'espère pouvoir y retourner avant la fin du momiji.

Au programme d'aujourd'hui les deux temples rivaux, j'ai nommé le Kinkakuji (temple du pavillon d'or) et le Ginkakuji (temple du pavillon d'argent).

Commençons par le plus connu et le premier arrivé, le Kinkakuji. Kinkakuji est le nom populaire donné au batiment principal du temple Rokuon-ji. Le pavillon tire son nom du fait qu'il est recouvert d'or pur, à l'exception du rez de chaussée. Construit au 13ème siècle, ce temple servait alors de villa (y'en a qui s'emmerdent pas). En 1397, Yoshimitsu, un ex shogun, a commencé à construire le jardin de Kitayama aux alentours du temple. Lors d'une des nombreuses guerre qui secoua le Japon, les bâtiments du temple brûlèrent tous à l'exception du pavillon d'or. Chanceux ? Non, car ce n'était qu'un repis de quelques siècles puisqu'un moine desaxé mis le feu en 1950 au pavillon d'or. Le bâtiment que l'on peut voir de nos jours est une réplique construite en 1955 (mais toujours recouverte d'or).

Il est difficile de retranscrire la beauté des lieux via de simples photos. Le Kinkakuji surplombe majestueusement un étang, entouré par des ilots et des rochers. Autour s'étend le jardin, ayant gardé la même configuration que lors de sa création.


Le spectacle offert par les érables débute dès l'entrée dans l'enceinte du Kinkakuji



Et voici la star des lieux


Un des ilots accompagnant le pavillon d'or



L'attraction du jardin : réussir à mettre une pièce de 1 yen dans le bol



Direction maintenant le Ginkakuji, situé à l'opposé de son confrère. Comme son homologue, le temple a pris le nom du pavillon, mais son véritable nom est Jisho-ji. Il fut construit au 15ème siècle sous les ordres du Shogun Yoshimasa, petit fils de Yoshimitsu (celui qui s'occupa du jardin du Kinkakuji pour ceux qui ne suivent pas) qui voulait rivaliser avec l'oeuvre de son grand père. Malheureusement, la guerre qui faisait rage à l'époque empêcha Yoshimasa d'aller au bout de son projet, et le pavillon ne fut pas recouvert d'argent. Tout comme pour le Kinkakuji, les autres bâtiments d'époque ont brûlé, par contre le pavillon d'argent a échappé à la folie d'un moine.

Je m'attendais vraiment à voir un sous Kinkakuji en moins bien, et j'ai été très agréablement surprise. Certes le pavillon est bien moins impressionnant, par contre son jardin est une pure merveille. Pas loin d'une cinquantaine de variétés de mousse y cohabitent avec une magnifique végétation. Non loin du pavillon d'argent se trouvent des vagues de sable, symbolisant la mer, et une montagne de sable, symbolisant le Mont Fuji.


Le fameux pavillon d'argent



La mer de sable gris ...


... et la montagne de sable




Chaque variété de mousse est présentée






dimanche 25 novembre 2007

La vie en rouge

Exit les fuurin voletant gaiement au vent, bienvenue dans le blog piraté par le momiji !

Aujourd'hui balade dans Nara sans vraiment de but précis à part se balader dans le parc et à proximité des étangs.



















Scoop : on a volé le torii du Kasuga Taisha !


Avant


Après

La première photo a été prise quand je suis arrivée sur Nara, il ne faisait pas beau et j'avais pris une photo vite fait d'un des torii du Kasuga Taisha, me disant que j'aurai plein d'autres occasions de le prendre en photo. Sauf que c'est raté, il était rongé par les termites et ils ont été obligé de le retirer pour le restaurer. A la place ils ont mis deux petits arbustes ridicules genre "vous y avez vu que du feu". N'empêche que ça surprend quand on n'est pas au courant.

Bonus : comment fabrique-t-on les mochi ?

Le mochi est un plat fait à base de riz cuit. On le place dans un mortier et on le martèle avec une masse géante, tout en prenant soin d'arroser le riz de temps en temps pour que ça colle moins. Il en résulte une pâte de riz gluante consommée les jours de fête tels que le nouvel an, mais aussi dans la vie de tous les jours (on peut l'agrémenter avec toutes sortes de choses : de la purée de haricots rouges, du soja fermenté, de l'armoise, ...)

La vidéo que vous pouvez voir ci dessous est un peu longue mais il faut tenir jusqu'au bout, la fin est vraiment impressionnante ! Ce marchand de mochi, dont la spécialité est le mochi à l'armoise, est une véritable attraction le week end à Nara, les clients se bousculent pour acheter les mochi tout frais, et bon nombre de japonais attendent patiemment avec leur appareil photo pour avoir la chance d'immortaliser la prestation. Sachez que les marteaux en bois sont très lourds, que le riz colle, et qu'il n'est vraiment pas évident de faire ce qu'ils font, surtout aussi longtemps et à ce rythme là (des fois ils sont 3 en même temps !)

samedi 24 novembre 2007

Oh je voudrais tant que tu te souviennes ...

Aujourd'hui il devait faire dans les 20°C à Nara, un temps magnifique propice à une balade sous les momiji. D'ailleurs je préfère vous avertir tout de suite : les momiji c'est beau, ça dure pas longtemps, alors jusqu'à ce que ça soit fini je vais vous bassiner avec ça. Si vous n'aimez pas la végétation ou la couleur rouge, passez votre chemin et revenez quand il n'y aura plus d'arbres sur les feuilles1

Aujourd'hui je suis donc retournée au Todaiji et au jardin d'Isui, en en profitant pour aller dans le jardin voisin, celui de Yoshiki. Pas grand chose de plus à dire, les photos parlent d'elles mêmes. Et puis je passe tellement de temps à trier les photos que je grapille sur le temps d'écriture. De toute manière un erable c'est un erable, que voulez vous que je vous dise de plus ?

Donc d'abord le jardin d'Isui qui était déja en partie à l'ombre à 13h, pour la floraison des cerisiers j'irai à l'ouverture comme ça pas de problème.


A l'entrée une affiche fait le point sur ce que l'on peut voir dans le jardin en ce moment




Un jardinier prend soin de retirer toutes les feuilles mortes



Un jugatsuzakura (cerisier d'octobre) encore en fleurs





Puis le jardin de Yoshiki.




Des sazanka (variété de camelias) sont aussi en fleurs




Et enfin le Todaiji et ses alentours.




Un ginkgo pour changer un peu



Un daim qui refusait toute nourriture, au grand desespoir d'une dizaine de japonais qui tentèrent chacun leur tour de lui faire avaler un senbei de force




Les peintres et dessinateurs sont aussi de sortie

1A moins que ça ne soit le contraire. Je crois que toutes ces couleurs ça a tué le peu de neurones qu'il me restait ...

vendredi 23 novembre 2007

En rouge et jaune

La tant attendue saison des Momiji a enfin débuté au Japon. La sécheresse record de cet été a quelque peu retardé la chose, les japonais craignaient même que certains arbres perdent leurs feuilles directement sans passer par la case "feuilles rouges" cette année. Ca a été le cas des cerisiers, mais on s'en fout, ce qui compte c'est que les erables n'aient rien eu !

Qui dit Momiji dit lieux touristiques où se trouvent des erables surpeuplés. Les japonais adorent la nature et parcourent des kilométres pour voir les arbres prendre mille et une teintes. Le 23 novembre étant la fête du travail au Japon, bon nombre de gens sont en congé, et en profitent donc pour aller se promener, le temps étant très favorable aux balades automnales.

Dans le cadre de son club de cérémonie du thé, Carine a obtenu deux entrées gratuites pour assister à des cérémonies du thé à Kyoto. Tant qu'à faire, autant profiter des Momiji. Déja en arrivant à Kyoto, gros coup de stress : la gare est bondée comme jamais. Tous ces gens se sont déplacés pour voir le Momiji.


Arg !

Bon, Kyoto c'est grand, c'est rempli de temples et de sanctuaires, et aujourd'hui on n'a pas prévu de faire les grosses attractions de la ville, on devrait s'en sortir vivantes, enfin on espère. D'après une carte récupérée à l'office du tourisme, à côté de l'endroit où se déroulent les cérémonies du thé, il y a une longue allée bordée d'erables (oui ils font des cartes pour savoir où aller pendant le momiji et la floraison des cerisiers). On fait donc un détour pour passer par cette allée.


Mais ! Ils sont même pas rouges !

Grosse déception, ils sont à peine orangés pour certains et encore verts pour d'autres ... Peut être est il encore trop tôt ? Non loin de là, on entend de la musique traditionnelle. Guidées par nos oreilles, nous arrivons dans un petit sanctuaire où a lieu une cérémonie.


Les religieux se passent des objets à la chaine

Puis nous nous rendons là où ont lieu les cérémonies du thé. En chemin on trouve encore des cosmos, des fleurs qui fleurissent début octobre.


Les cosmos encore présentes à cette époque témoignent de la douceur du temps

L'endroit ne paye pas de mine vu de l'extérieur mais une fois dans le jardin, nous voyons avec ravissement des erables de toutes les couleurs. Le momiji existe, nous l'avons rencontré ! Malheureusement, comme l'a annoncé la météo, le temps est nuageux ce matin, ce qui ne rend pas hommage aux magnifiques couleurs des erables ...


Le temps de rentrer à 14 dans un pavillon à thé prévu pour 5 personnes et de se brûler la langue avec un thé bouillant, le soleil est apparu. Joie ! Pour une fois la météo ne s'est pas plantée, il y a bien un temps ensoleillé pour l'après midi ! Vite vite, des fois que ça ne dure pas, mitraillons les arbres !


C'est quand même mieux avec du soleil


Un concert de koto en plein air



Les feuilles sont déja tombées par centaines dans ce petit étang


Après avoir pris des dizaines de photos, nous décidons de faire un tour dans les temples et sanctuaires du coin. Voici les photos pele mele.




Des japonais par dizaines photographient les arbres



Les forêts de bambous sont nombreuses à Kyoto, un peu de vert ne fait pas de mal de temps en temps






Certains erables jouent encore les timides



Le soleil commence à décliner dangereusement mais nous tentons quand même d'aller au Ginkakuji, une des grosses attractions de Kyoto. A cette heure il y aura peut être moins de monde nous disons nous. Bien naïves nous étions ...


Re arg !

Et encore ce n'est que la moitié de la queue. Le temps d'acheter le billet, le soleil sera déja presque couché, ça ne sert à rien. Ca sera pour une prochaine fois (de préférence en semaine). Il ne nous reste plus qu'à rentrer à Nara.

jeudi 22 novembre 2007

La folie des grandeurs

Alors qu'en France une poignée d'étudiants a réussi à bloquer la fac à Bibliothèque François Mitterand, que les transports en commun sont bloqués, qu'il fait super froid, ici tout va bien. Les feuilles commencent enfin à rougir, faut dire que l'automne est arrivé pour de bon, avec des températures hivernales dès que le soleil est couché. Les japonais sont horrifiés quand je leur dis les températures qu'il fait en France "mais c'est toujours comme ça ?" me demandent ils, choqués. En tout cas ça a l'air de vraiment les préoccuper puisqu'à chaque fois que je croise un japonais il me demande où en est le temps en France.

Toujours est il que le temps est pas génial, donc pas très propice aux photos, du coup je recycle de vieilles photos. Ca vous réchauffera peut être un peu de voir un beau ciel bleu. Donc aujourd'hui, direction le Tôdaiji (le grand temple de l'Est) où se trouve le Grand Bouddha de Nara. Bati à la fin du 8ème siècle lorsque Nara était encore la capitale du Japon, la salle abritant le Grand Bouddha reste encore aujourd'hui la plus haute structure en bois du monde, alors que ce bâtiment ne fait que les 2/3 du bâtiment original détruit lors d'un tremblement de terre, tout comme les deux pagodes qui l'accompagnaient, à moins qu'elles n'aient été victimes d'un incendie. Retenez bien ça, séismes et incendies sont les deux fléaux du Japon responsables de bon nombre de disparitions de monuments (remarquez c'est pareil pour les 7 merveilles du monde).

La statue du Grand Bouddha est quant à elle une des plus hautes statues en bronze du monde. A cause des tremblements de terre et des incendies, il a fallu faire subir à la statue quelques scéances de chirurgie esthétique. L'exemple le plus parlant reste la tête, plus noire que le reste du corps.

Maintenant que vous connaissez le b-a-ba, c'est parti pour le Tôdaiji comme si vous y étiez (montez le chauffage, il faisait dans les 27 degrés ce jour là).


Bon là c'est l'exception qui confirme la régle, cette photo a été prise de mon balcon en début de semaine alors qu'un beau ciel bleu luttait contre de vilains gros nuages noirs et menaçants (sisi je vous jure, à gauche y'a du ciel bleu, mais je trouvais plus important de vous montrer le Tôdaiji plutôt que des maisons banales).

Reprenons donc la route ensoleillée du Tôdaiji.


C'est quand même mieux avec un beau ciel bleu non ?

Déja on aperçoit au loin, parmi les arbres, le vieux Mon en bois indiquant l'entrée de l'enceinte du temple (un temple est composé de plusieurs bâtiments, dont une cloche). Déja il commence à y avoir foule, bon nombre de touristes du monde entier, mais surtout des groupes scolaires japonais. Ca hurle dans tous les sens via mégaphones, une véritable cacophonie.


C'est à l'intérieur de ce Mon qu'on trouve les deux statues protectrices Agyo et Ungyo que je vous ai déja montré de nuit (il y avait trop de monde ce jour là, j'ai contourné le Mon sans savoir qu'il y avait ces statues)


Encore un peu de marche au milieu des daims et des touristes et on y est ...


Ce point de vue est très prisé pour les photos de groupe, j'en ai vu se succéder un paquet qui faisaient la queue pour avoir la même photo que les autres. Le truc marrant avec les japonais c'est qu'ils adorent se faire prendre en photo devant les monuments, paysages, ... Mais en général ils font ça en gros plan, du coup on voit rarement les monuments (ou à la limite un petit bout) et ils auraient tout aussi bien pu prendre la photo devant leur maison que ça aurait été pareil. Remarquez au passage que les garçons et les filles sont séparés.


La même sans les écoliers


Un deuxième Mon ...


... et voilà l'imposant bâtiment principal



Des Indiens ont fait le déplacement pour venir admirer le Grand Bouddha.


Un moine qui parait minuscule a fini sa prière au(x) pied(s) du Grand Bouddha

La statue d'une quinzaine de mètres est vraiment impressionnante. Le Grand Bouddha de Kamakura que j'avais vu l'année dernière est un poil plus petit mais il ne m'avait pas fait autant d'effet. Je pense que le fait que cette statue soit enfermée dans un bâtiment renforce le côté impressionnant de la chose.



Une des "petites" statues accompagnant le Grand Bouddha


Les écoliers viennent se recouvrir de la fumée dégagée par l'encens comme le veut la tradition


Un dernier coup d'oeil au bâtiment principal avant de rentrer

lundi 19 novembre 2007

Le parfum de la femme noble et chevaleresque par Alain Delon

Aujourd'hui, alors que je cherchais des chaussettes épaisses pour trainer dans ma chambre, parce que mine de rien ça commence à cailler ici, je suis tombée sur ça :


Samourai Woman, une ligne de cosmetiques pour femmes (existe aussi pour hommes, mais sous le nom sobre de "Samourai") Mais quel est le rapport avec les samourais me direz vous ? (parce que non, pour ceux qui ne le savent pas, les samourais ne se prélassaient pas dans des coussins géants tout de rose vêtus). Je ne suis pas sûre d'avoir encore trouvé le rapport, mais quand on regarde de plus près ces produits, on a la surprise de voir que c'est un produit "Alain Delon". Ah bah oui, là, ça change tout.

Pour une raison obscure Alain Delon est encore très populaire ici, il représente la classe à la française (faudrait leur dire que maintenant il est Suisse). J'ai déja vu un cinéma Alain Delon à Osaka, et récemment encore je l'ai vu à la télé (où il avait été assez infect, la pauvre traductrice adoucissait ses propos pour essayer de le faire passer pour un gentleman, voire elle ne traduisait pas du tout) Mais tout ça n'explique pas les parfums Samourai.

Est ce à cause du film Samourai, réalisé par Melville, et dans lequel a joué Alain Delon ? Est ce juste parce que Samourai ça fait classe et japonais ? (mais dans ce cas là pourquoi montrer une pauvre pétasse pas héroique pour un sous ?) Bref une fois de plus la logique de la chose m'échappe. Du coup j'ai fait quelques recherches (oui j'ai que ça à faire)

Sur le site de Alain Delon on peut voir la description de quelques uns des produits de la gamme Samourai :

Samourai 47 : Le symbole de l'honneur, du courage et du célèbre et inébranlable idéal Samouraï: l'honnêteté. Rien que ça.
Samourai : Fragrance pleine d'élégance et de mystère, pour un homme moderne, viril et sensuel. Par contre je ne sais pas ce que sont devenus les autres samourais entre le Samourai et le Samourai 47, ils ne devaient pas être assez honnêtes et virils
Samourai Woman : Fragrance à la séduction magnétique pour la femme noble et chevaleresque qui vit en chacune de nous. C'est sûr que le parfum noix de coco c'est super chevaleresque.
Samourai Woman Pinkberry : Samouraï Pinkberry est parfait pour la jeune femme brillante, aimant sortir. Ouais se sont pas foulés pour celle là.

Et vous savez quoi ? En plus d'être complétement ridicule, ça sent pas bon. Mais saviez vous que Alain Delon ne s'était pas contenté de lancer des parfums ? Il y a aussi les cravates Alain Delon, le linge de maison Alain Delon et le matériel de bureau Alain Delon (quoi comme matériel je ne sais pas, ce n'est pas précisé, mais si c'est du Alain Delon, ça peut être que bien)

Bon et mes chaussettes me direz vous ? Malheureusement ce ne sont pas des chaussettes Alain Delon, ça n'existe pas encore. Mais elles valent néanmoins le coup d'oeil.

Oui, ce sont bien des chaussettes "Femme Fatale", en français dans le texte s'il vous plait. Faut dire qu'elles sont vachement sexy avec leurs petits pompons


Ouais, y'a pas à dire, je me sens fatale maintenant avec ça aux pieds.

jeudi 15 novembre 2007

Le mystérieux VIP moustachu

Qui était donc ce VIP tant convoité par les japonais ? Nous sommes allées avec Carine nous renseigner auprès de quelqu'un du staff qui nous a expliqué qu'il s'agissait de Akishino No Miya, aussi connu sous le nom de Fumihito, le "number 3" du Japon sur le plan impérial.


Akishino et sa petite famille

Ce sympathique moustachu est donc le fils cadet de l'empereur actuel, Akihito. Voici le moment venu de vous expliquer comment marche la succession chez les empereurs japonais.

De ce côté là ils étaient assez cools, ça pouvait se faire de père à fils (ou à fille, vive la parité) ou de frère à frère, d'oncle à nièce, bref il y avait le choix. Il y avait même la possibilité d'adopter un fils au sein de sa propre famille (oui sinon après ça coupe le fameux lien de parenté des empereurs dont sont si fiers les japonais). Enfin ça c'était avant 1889 puisqu'un article de la constitution écrite cette année là interdit aux femmes de monter sur le trone impérial (ben tiens ...). Ce même article donne la priorité au fils ainé de l'empereur mais n'interdit pas aux frères (ou neveux) de l'empereur de monter sur le trone (par contre les soeurs et les nièces elles peuvent toujours aller se faire voir chez les grecs).

Sauf que c'est bien gentil tout ça, mais si les fils de l'empereur ne font que des filles, on fait comment ? C'était le gros problème ces dernières années au Japon. En effet, Naruhito, le "number 2" du Japon, fils ainé de l'empereur en place, n'avait pour seule héritière qu'une fille. Idem pour son frangin moustachu, qui lui en avait deux. Ah bah oui, c'est ballot, ils y avaient pas pensé en 1889 que les fils de l'empereur seraient pas foutu de faire un gars. Du coup, Koizumi, l'ex premier ministre le plus classe de l'histoire du Japon, avait commencé à préparer une révision de l'article de la constitution en question pour permettre aux femmes de monter à nouveau sur le trone. Sauf que notre ami moustachu a tout foutu par terre en ayant un fils l'année dernière !

Je vous parle pas de l'événement que ça a été : "enfin le Japon a un héritier au trone", soulagement, tout ça. Sauf que le fringant Koizumi est parti à la retraite et a été remplacé par le (très) conservateur Abe, celui là même qui a été obligé de démissioner cet été pour des histoires de corruption au sein de son gouvernement. Et il a fait disparaitre d'un coup de baguette magique le projet de révision de l'article interdisant aux femmes de monter sur le trone. Pouf, a plus, on n'a rien vu.

C'est vrai quoi, maintenant qu'il y a un héritier mâle, ne prenons pas le risque d'avoir une nenette comme symbole du Japon dans les années futures, ça la foutrait mal.

mercredi 14 novembre 2007

Bougies et VIP

Vendredi et samedi dernier, au musée de Nara (celui là même où les mamies font du pogo) pendant quelques heures étaient allumées des centaines de bougies. Me demandez pas pourquoi, peut être juste pour faire joli, je ne cherche plus à comprendre. Mon cours sur l'histoire du bouddhisme à peine terminé, je retrouve Carine et nous nous pressons vers le musée car la fin est proche.

Il me semble qu'ils le font tous les ans, et que ça change de lieu à chaque fois, pas de bol on est tombées sur le musée, mais c'était déja pas mal.







Alors que j'étais tranquillement en train de prendre des photos des bougies, je me fais accoster par un membre du staff qui me demande en japonais de m'éloigner. Enfin on me parle en japonais et pas en anglais ! Maintenant c'est décidé, je ne vais plus sortir que la nuit, comme ça ça ne se voit pas que je suis étrangère et on arrête de me casser les pieds avec l'anglais.

On rejoint donc tous les japonais, alignés en rang d'oignon derrière une ligne tracée au sol, et on attend bêtement sans savoir ce qu'on attend. Puis quatre grosses voitures arrivent pour se garer juste devant le musée. Et là c'est la panique, les gens se précipitent avec leurs appareils photos et leurs téléphones portables pour prendre le VIP en photo. N'écoutant que ma fibre journalistique, je filme la scène. Vous allez donc pouvoir découvrir un reportage digne d'envoyé spécial avec des commentaires très pros.




Mais qui est ce mystérieux VIP qui a "montré sa tête" à Carine? Koizumi (l'ancien premier ministre qui avait un brushing à faire pâlir de jalousie De Villepin) ? L'empereur ? Obi-wan Kenobi ? Vous le saurez dans le prochain épisode !

mardi 13 novembre 2007

Ginkgo vs Kinmokusei

Attention, ceci est une note hautement culturelle, préparez vous à apprendre plein de choses sur la botanique.


Au Japon, on aime les arbres de saison. Les floraisons des pruniers en février/mars et des cerisiers en mars/avril sont célèbres, mais celle du Kinmokusei en octobre l'est moins. C'est aussi à cette période que les Ginkgo femelle produisent leurs fruits. Lequel de ces deux arbres va remporter le titre de Champion d'Automne ?



A ma gauche, le Ginkgo, aussi appelé "Arbre aux mille écus" (en automne ses feuilles jaunies font penser à des écus), aussi qualifié de fossile vivant puisqu'il s'agit du plus vieil arbre sur terre (il serait apparu il y a 270 millions d'années et aurait donc survécu là où les dinosaures n'ont pas réussi). Les noix produites par les Ginkgo femelles sont comestibles, utilisées entre autre au Japon pour limiter les effets d'un abus d'alcool. Attention cependant, en ingérer en trop grande quantité peut s'avérer dangereux. Pour l'anecdote, c'est le premier arbre à avoir repoussé après le bombardement de Hiroshima. Depuis, il est devenu le symbole de la resistance et de la longévité. Autrement dit, le Ginkgo, c'est du costaud©




A ma droite, le Kinmokusei (prononcez quinemokouseille), aussi connu dans nos contrées sous le nom d'Olivier Odorant (Osmanthus Frangrans de son petit nom latin) est originaire de l'Himalaya. Produisant des fleurs très parfumées (orangées ou blanches), on l'utilise dans des mélanges de thé en Chine. Pour l'anecdote, en japonais Kinmokusei s'écrit avec les idéogrammes de l'or et de l'arbre. Jusque là rien d'anormal. En revanche le dernier idéogramme est celui du ... rhinocéros. Allez savoir pourquoi. Les fleurs du Kinmokusei dégagent un parfum tellement fort que l'on peut detecter sa présence plusieurs mètres à la ronde. Sa délicieuse odeur peut donc embaumer un quartier entier. Autrement dit, le Kinmokusei, c'est une merveille©


Le combat a débuté fort, comment départager les deux concurrents ?

Alors oui, le Ginkgo est beau, fort et a la classe parce qu'il est le doyen, mais il a un GROS incovénient. En effet, les noix de Ginkgo ont une odeur ressemblant à s'y méprendre à du caca de chien. Alors imaginez l'odeur que tout ça produit quand il y a des centaines de noix sur chaque arbre, et qu'il y a plusieurs Ginkgo dans le coin. Tout de suite c'est moins classe.

Certes l'odeur du Kinmokusei est bien plus agréable que celle de son congénère le Ginkgo, mais au Japon on utilise cette odeur pour désodoriser les toilettes. Du coup pour certains japonais, ça ne sent pas bon, ça sent juste les toilettes. Avouez quand même que l'image merveilleuse du Kinmokusei en prend un coup.

Impossible de les départager, ils n'y a donc ni gagnant, ni perdant. Par contre j'ai une suggestion pour les japonais : plantez des Kinmokusei à proximité des Ginkgo. Une odeur de toilettes pour masquer une odeur de caca de chien, c'est pas une bonne idée ça ?

Dernier jour d'été au sanctuaire du printemps

Mercredi dernier il faisait 24°C, sans doute la dernière occasion de l'année de se promener en tee shirt sous un magnifique ciel bleu. Direction donc le Kasuga Taisha, le plus grand sanctuaire de Nara (Kasuga, le nom d'une divinité Shinto, s'écrit avec le caractère du Printemps), fondé il y a 1200 ans.

La légende veut que la divinité de ce sanctuaire soit arrivée sur un daim. Du coup, pas moins d'un millier de daims sacrés sont gardés dans l'enceinte sacrée du sanctuaire (a priori ces daims, plus sauvages que leurs congénères, échappent à la coupe des bois).

Ce sanctuaire est réputé pour ses quelques 3000 lanternes, en pierre le long du chemin y menant, puis en cuivre dans l'enceinte du sanctuaire. Deux fois par an, en février et en août, ces lanternes sont allumées, attirant bon nombre de touristes venus admirer l'attraction.


Fontaine pour se purifier avant de pénétrer dans le domaine du sanctuaire


Des lanternes à perte de vue


Japonaises perdues devant l'enceinte du sanctuaire


Encore des japonaises perdues, mais cette fois ci dans une allée de lanternes


Entrée Sud du sanctuaire


Maintenant on passe aux lanternes de cuivre


Miko (pretresse Shinto) et un cèdre vieux de plus de 1000 ans




Entrée principale menant au batiment principal où se trouvent 4 divinités, chacune dans son mini sanctuaire (interdit au public et aux photos)





lundi 12 novembre 2007

Trop de cartes tue la carte

Youpi à partir d'aujourd'hui c'est officiel, je suis une résidente étrangère. J'ai été chercher cet après midi ma jolie carte qui certifie que non, je ne suis pas ici en situation irrégulière. Comme ça maintenant je ne suis plus obligée de me trainer mon gros passeport à chaque fois que je sors de la fac. Je ne suis plus obligée non plus de déplier cette énorme feuille de papier qui prouvait que ma carte était en cours de fabrication lorsque je voulais aller dans un musée. Oui parce que des fois ils veulent une preuve que tu es en situation régulière. Genre par exemple le dealer qui est rentré en douce via un cargo douteux en provenance des Phillipines il a que ça à foutre que d'aller au musée pour aller voir une expo où il se fait bousculer par des petites vieilles. Enfin bref, parfois (souvent) la logique japonaise m'échappe. Comme toutes ces mesures anti-terrorisme (enfin anti Al Qaida) qu'ils n'arretent pas de nous rabacher à la télé. Ils vont finir par les attirer pour de vrai les terroristes s'ils continuent comme ça.

Enfin bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cartes. Parce que mine de rien je commence à en avoir une sacrée tripotée, disons que j'attendais d'avoir le clou de ma collection pour vous les montrer.


Vous pouvez donc admirer au premier plan ma toute nouvelle carte de résidente étrangère, avec ses jolis hologrammes du Ministère de la Justice. Puis par ordre d'apparence :
- Ma carte d'étudiante
- La carte magnétique pour ouvrir la porte de ma chambre (et celles du dortoir)
- La carte magnétique pour payer le loyer au guichet automatique (avec des daims dessus, Nara oblige)
- La carte magnétique pour faire fonctionner la machine à laver et les plaques de cuisson de la cuisine commune
- La carte de fidélité du cyber café que j'ai squatté une fois à Osaka quand je n'avais pas encore internet
- La carte de fidélité de Book Off (librairie d'occasion)
- La carte de fidélité de Mister Donut (qui, je vous le donne en mille, vend des donuts)
- Et enfin le gros machin vert, la carte de sécu (oui j'avoue, ils auraient pu faire mieux, mais je crois qu'elle est provisoire, enfin j'espère)

Voilà vous savez tout de mes cartes japonaises. Ah je précise au passage que les japonaises trouvent le permis français "mignon" (surement à cause du rose) alors que personnellement il me fait plus penser à une feuille de PQ qu'autre chose. Ca doit être le fameux fossé culturel.

Demain, si je ne suis pas en mort cérébrale après mes cours incompréhensibles, je commencerai à vous raconterer la fin de la semaine passée. Il y aura des bougies, des petites filles en kimono, du caca de chien, de la nourriture mignonne, du reportage d'investigation et du Grand Marnier. Tout un programme.

mardi 6 novembre 2007

Tremblotte

Aujourd'hui j'ai été reveillée à 10h02 par une grande première. Enfin non, y'en a eu d'autres mais je m'en suis jamais rendue compte parce que ça arrivait toujours quand je dormais. Quoi que là aussi je dormais, enfin je somnolais. Mais ça a réussi à me sortir de mon coma et à me reveiller pour de bon.

Oui, aujourd'hui, j'ai senti le premier tremblement de terre de ma vie ! Alors forcément, même si on s'y attend en venant au Japon, ça surprend, surtout quand on dort à moitié. D'ailleurs ça parait même irréel, on se dit que non, ça n'a pas tremblé, que c'était un rêve. Et puis on se rend compte que dehors il n'y a plus un bruit, les oiseaux se sont tus, la rue est silencieuse. Et puis la vie reprend, les mobylettes se remettent à rouler, les travaux dans le quartier reprennent. Je n'ai pas rêvé, il y a bien eu un tremblement de terre.

Du coup pour se rendormir c'était un peu foutu. D'habitude je peste quand je suis reveillée alors que pour une fois je pouvais faire la grasse matinée, mais là, je m'en fous, je suis toute excitée parce que j'ai ressenti mon premier tremblement de terre. Suivi d'un sentiment d'angoisse : et si ce que j'ai senti n'était que la propagation d'ondes plus fortes qui ont ravagé une ville plus éloignée ? Du coup je fonce sur internet pour aller sur le site de l'agence météorologique du Japon, mis à jour 5 minutes après la secousse.


La croix rouge indique l'épicentre

Bon ça n'a touché que ma région, donc pas de panique. L'épicentre est pile dans mon département, Osaka et Kyoto ont aussi ressenti la secousse. Le séisme était de magnitude 4 à l'épicentre, ce que les gens ont ressenti allait de la magnitude 3 à la 1 (sur l'echelle de Richter bien entendu).


Je suis à l'emplacement de la flêche rouge

Pourtant pas très loin de l'epicentre j'ai ressenti un séisme de magnitude 2. Un tout petit séisme donc, rien n'est tombé dans ma chambre, pas même le flacon de blanco posé au bord du bureau. Mais ça fait quand même son effet, alors j'imagine même pas ce que ça donne sur de fortes secousses de magnitudes supérieures à 8 (bon peut être aussi que le fait que je sois à moitié endormie a amplifié la chose)

Si vous allez sur le site de l'Agence Météorologique Japonaise, vous pourrez voir en cliquant sur "previous information" qu'il y a au moins un tremblement de terre par jour au Japon ! (de faible magnitude bien entendu). C'est vous dire si les japonais sont blasés.

lundi 5 novembre 2007

Culture rime avec cloture

Toutes les bonnes choses ayant une fin, aujourd'hui c'était le dernier jour du festival de la culture. Le dernier, certes, mais pas des moindres !

Pour le dernier jour donc, le cercle de danse présentait ses chorégraphies. Une vidéo valant mieux qu'un long discours (même si la qualité n'est pas géniale), je vous laisse admirer le résultat de dizaines d'heures de travail.

Pour je ne sais quelle raison, toutes les chorégraphies proposées se faisaient sur des musiques hip hop - R'n'B, certaines filles étaient habillées en street wear, bref c'était assez amusant de voir des jeunes japonaises qu'on aurait dit sorties d'un clip de pop mielleuse japonaise se dandiner sur des rythmes issus des cités américaines revendiquant des tas de choses qu'elles n'ont jamais vécu et qu'elles n'imaginent sûrement pas exister. D'ailleurs je suis persuadée qu'elles ne comprenaient pas les paroles, je pense qu'elles auraient un choc si elles savaient sur quoi elles se trémoussaient parfois.


Les autres membres du cercle, hystériques, encouragent les filles sur scène

Après tant d'émotions (et après s'etre fait harceler 2 fois par les filles du cercle de danse pour venir dans leur stand, une discothèque avec un "DJ pro"), il fallait manger. Alors aujourd'hui j'ai testé pour vous les taiyaki à la crème patissière. Un taiyaki c'est une espèce de pate à crèpe qu'on fait cuire dans un moule en forme de poisson et qu'on fourre avec de la purée de haricots rouges. Déja cette version simple est très bonne, surtout quand le taiyaki est encore chaud.





Mais là le must c'était les variantes : chocolat, fromage, et crème patissière. Et le must du must, c'est que c'était le stand du club de natation (natation, poisson, si c'est ti pas mignon). Du coup je leur ai pardonné d'avoir fait un enième stand de nourriture, d'autant plus que c'était super bon. J'aurais pu passer mon après midi sur leur stand à me gaver de taiyaki à la crème mais il y avait le concours de Prince de Nara Joshi Dai, et il ne fallait pas rater ça.

Normalement le concours aurait du avoir lieu sur la scène mais comme il s'est mis à pleuvoir, il a été déplacé dans un amphi, juste à côté du café où une fille jouait du koto (ce détail a son importance). Donc après avoir assisté à l'election de Miss Nara Joshi Dai - Cool Beauty, j'ai assisté à l'election du Prince de Nara Joshi Dai, qu'on peut aussi appeler Miss garçon manqué (il fallait oser). Là encore, six participantes, et des épreuves à couper le souffle.

Il y a donc eu pele mele : un quizz sur les princes ("quel prince anglais est connu pour ses beaux yeux ?"), des mises en situation ("si blanche neige ne se reveillait pas après que vous l'ayiez embrassée, que feriez vous ?"), et un concours de bras de fer (avec plusieurs matches nuls départagés au pierre papier ciseaux).






"Si Cendrillon ne rentrait plus dans ses chaussures, que lui diriez vous ?"


Un bras de fer intense

Mais ce n'est pas fini, en effet, ces épreuves servaient, avec le vote du public, à qualifier deux finalistes (la footballeuse et la fille avec son chapeau qui ressemblait pas du tout à un mec). Restaient alors pour les departager deux épreuves (plus, encore, le vote du public). La première consistait en retirer une nappe d'un coup sec pour ne pas faire tomber les bouteilles (un Prince doit savoir épater ses invités et sa Princesse). La concentration était de mise pour cette épreuve ô combien difficile. Sauf que la tension qui était à son paroxysme, et le silence qui allait avec, étaient sans arrêt interrompus par les douces notes du koto d'à côté (je vous avais bien dit que c'était important) Donc pour la concentration on repassera.



Enfin, dernière épreuve. "Vous êtes un Prince, certes, mais très pauvre. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de votre princesse, quel objet personnel choisissez vous de lui offrir ? " Parmi les objets il y avait un vieux livre de cours, une batte de baseball, une petite voiture, ... Bien sûr le cadeau devait s'accompagner d'une déclaration à la Princesse pour tenter de justifier le côté "pauvre" du cadeau. Et au final, c'est la fille au chapeau qui a gagné. Dégoutée j'étais (oui quand je suis dégoutée je parle comme Yoda). La footballeuse avait vraiment des attitudes de garçon, tant dans sa façon de parler que dans ses gestes, c'est elle qui aurait dû gagner !


La gagnante et sa dauphine repartent avec des cadeaux

Forcément, la gagnante a eu droit à son discours. Elle fait partie du club de natation. Oui, celui là même qui fait des taiyaki à la crème patissière. Du coup, je ne lui en veux plus d'avoir gagné ...

dimanche 4 novembre 2007

Culture rime aussi avec candidature

Aujourd'hui, Midori participait à la comic party qui se tenait uniquement ce dimanche. Dans un des gymnases étaient donc regroupées les dessinatrices de la fac venues y vendre leurs fanzines, leurs cartes postales, ... Quelques unes étaient même en cosplay. En me rendant à la comic party j'ai découvert que tout ce qui était un tant soit peu culturel était caché derrière tous les stands de nourriture !


Attention, un stand de takoyaki peut en cacher un de photos

J'ai donc pu me rendre à une exposition de photos, tout en passant à côté d'une salle où avaient lieu des concerts de rock, j'ai même découvert qu'un des gymnases avait été reconvertit en boite de nuit. Beaucoup des cafés installés dans les halls d'entrée des batiments étaient accompagnés de musique : soit un orchestre d'instruments à vent, soit une pianiste, soit une joueuse de koto (harpe japonaise).

Ca m'a permis aussi de croiser des filles qui sont avec moi pour le cours de M. Tateno, comme Hiroko qui faisait partie du staff de la comic party et Asuka qui jouait du cor dans un des cafés avec son orchestre.


Parmi les nombreuses activités pour les enfants il y avait le jeu du "retrouve les 7 filles habillées en daim" pour recolter les 7 tampons et gagner une surprise

Mais l'évenement culturel le plus important de la journée était l'election de "Miss Nara Joshi Dai - Cool Beauty". Six filles étaient candidates à ce concours. Pour devenir Miss Nara Joshi Dai, il faut passer 5 épreuves qui determineront laquelle de ces jeunes filles est la plus apte à porter ce titre.


Allez la 6 !


Le jury de l'épreuve, très concentré

Il y avait donc l'épreuve des chaises musicales, enfin de tabourets musicaux (je ne pensais pas que c'était international).


Et oui, devenir Miss Nara Joshi Dai ça se mérite


Quel suspens, qui des deux finalistes a remporté l'épreuve ? Difficile à dire avec le tabouret à terre ...


Heureusement un bon vieux "pierre papier ciseau" classe l'affaire. Et le ciseau l'emporte sur la feuille !

S'ensuit une des épreuves les plus importantes du concours: la mise en situation dans le cadre du travail de bureau. Cette épreuve visait à voir le sens de l'improvisation des candidates dans des situations réalistes. Comment réagir lorsque votre patron se comporte en muffle ? Lorsqu'il vous sermonne parce que vous êtes en retard ? Lorsqu'il vous fait une déclaration enflammée ?


Ou encore lorsqu'il se fait prendre en otage par un employé mécontent ? (des situations réalistes je vous disais)

L'épreuve suivante consistait en un mini discours de 30 secondes sur un sujet libre : faire la promo du stand, du cercle, parler du concours, ... Evidemment, la candidate numéro 6, que vous avez pu remarquer avec son tablier et sa louche, a fait une promo du tonnerre pour son stand.

Avant dernière épreuve mais pas des moindres, l'épreuve du shopping. Parce que oui, une Cool Beauty, en plus de savoir gérer une prise d'otages, se doit de savoir gérer parfaitement l'argent du ménage. Car cette épreuve, me rappelant une épreuve de feu le Juste Prix, consistait en s'approcher le plus possible de la somme exacte de 2007 yens en choisissant des objets présentés au préalable.


Annie Pujol n'a qu'à bien se tenir !



Enfin, dernière épreuve, le quizz, aussi bien sur l'Histoire du Japon que sur la musique.


Laquelle des deux a buzzé la première ?

A la fin de ces épreuves impitoyables, le jury a fait le compte des points accumulés lors de ces épreuves, tout en tenant compte du vote du public. Ainsi, la Miss Nara Joshi Dai 2007 est ... La numéro 1 !


L'heureuse élue se voit remettre le diadème par la tenante du titre


En plus de gagner des fleurs elle gagne un énorme sac rempli de cadeaux offerts par les partenaires commerciaux du festival (et croyez moi il y en a un paquet, elles sont allées demarcher tous les commercants du coin)

En parlant de filles, j'ai l'impression, au vu du grand nombre de jeunes hommes trainant dans le coin, que ce festival de la culture tient lieu de supermarché de la drague. Imaginez un peu, toutes ces jeunes filles à disposition, belles, brillantes, et célibataires ! D'ailleurs les jeunes filles ne sont pas dupes et lorsqu'elles se promènent dans le parc de la fac pour ameuter les clients, ce ne sont pas vers les papys ou vers les familles qu'elles se dirigent, non non non, elles cherchent les groupes de jeunes hommes histoire d'user un peu de leurs charmes pour vendre des yakitori (brochettes de poulet) ou des marshmallows.


Les robes chinoises sont à la mode cette année


Comment mêler le sexy et le mignon pour vendre des gyoza


Plus traditionnelles et moins aguicheuses, les rabatteuses pour le stand de thé

Et oui, on revient toujours à la nourriture. D'ailleurs, j'ai mangé les plus jolies banana choco que j'aie jamais vu.


Y'en avait même avec des perles en sucre

samedi 3 novembre 2007

Culture rime avec nourriture

Aujourd'hui, comme tous les 3 novembre, c'était le jour de la culture au Japon. Et qui dit jour de la culture dit festival de la culture dans les etablissements scolaires du Japon, universités comprises. Du coup, pour cause de préparatifs intensifs, les cours ont été arrêtés dès jeudi et ne reprendront que mercredi prochain, le festival se déroulant de vendredi à lundi.Ces festivals étant ouverts au public, c'est l'une des rares occasions où l'on peut croiser autant d'hommes que de femmes dans cette université pour filles.


Des stands de bouffe à perte de vue

A partir du collège et jusqu'à la fac, les élèves ont la possibilité de participer à des clubs (on parle plutôt de cercles à l'université, sans doute parce que ça fait plus "adulte" que club) en tous genre, allant du club de base ball à celui de conversation en anglais, il y a toujours de quoi trouver son bonheur. Ces clubs vont donc s'exhiber lors de la fête de la culture, proposant des activités en rapport avec leur passion, ou bien en proposant tout autre chose. Et cet autre chose c'est bien souvent de la bouffe.


Stand de takoyaki et de jus de fruits


La terrasse de la cafet' a été reconvertie en marché


Les gens font la queue en masse pour participer à la tombola de charité

Du coup à la fac cet après midi il y avait je ne sais combien de stands de bouffe pas chère à ne plus savoir où donner de la tête. Dans les salles de cours, certains clubs, pardon, cercles, s'étaient installés comme le cercle d'art qui exposait ses travaux (avec en bande son du Abd Al Malik) et qui vendait quelques unes de ses productions.


Cochon en polystyrene acheté au cercle d'arts

Juste à côté des filles avaient recréé à la main un planétarium et proposaient des sessions explicatives sur les constellations en fonction des saisons. Ca m'a permis d'apprendre le nom des constellations en japonais.



Surtout ne pas éternuer sinon tout va se casser la figure !

Pendant la session de planétarium, un orchestre a commencé à jouer quelques morceaux, je me suis dit que je serais sortie à temps mais non, le concert a duré à peine 10 minutes ! Ce qui veut dire que depuis vendredi les filles me réveillent tous les matins à 10h du mat' avec leur répetition, et tout ça pour quoi, pour jouer 10 minutes ?!


Tirage de la tombola sur la scène montée pour l'occasion

Outre les stands, certaines salles de classes et certains labos étaient ouverts au public, ainsi que la résidence où je vis. J'ai l'impression qu'ils ont couplé la fête de la culture à des portes ouvertes. J'ai donc pu me rendre dans les labos de sciences où on pouvait regarder au microscope des embryons de poussins, ou comprendre chimiquement comment on fabrique de l'alcool.

Pour le côté culturel (oui quand même parce que manger c'est pas l'activité la plus culturelle qui soit) il y a normalement en plus des "micro concerts qui durent moins longtemps que les répétiions" une pièce de théatre de prévue, mais comme je n'ai pas réussi à avoir le programme, je ne sais pas quand elle a lieu, peut être demain ?


Le cercle de cérémonie du thé était de la partie, ou comment meler nourriture et culture

jeudi 1 novembre 2007

Climatisation et grands mères, deux fléaux du Japon

Parmi les côtés négatifs du Japon, j'aimerais vous parler de deux problèmes majeurs pour l'expatriée que je suis. Tout d'abord la clim. Alors oui la clim en été au Japon, même si ça pollue, c'est vraiment appréciable. Par contre j'aimerais qu'on m'explique pourquoi, alors que dehors il fait même pas 20°C, ils mettent la clim à fond dans leurs magasins comme si dehors c'était la canicule. Et après les japonais vont venir nous dire "mais t'as pas froid en tee shirt par ce temps ?" alors qu'il fait 24°C. Oui, il faut le savoir, les japonais sont super frileux. Passée la barre des 28°C ils vont se transformer en bibendum et porter au moins 3 couches de vêtements. Et en plus malgré toutes ces couches, ils arrivent à tomber malade. Je sais pas comment ils font. Enfin si, maintenant j'ai une théorie : ils tombent malades à cause de cette %$fi∂! de clim.

Résultat, hier j'ai passé un peu trop de temps dans une librairie frigorifiée et j'ai choppé la creve. Merci la clim. La prochaine fois je prendrai mon manteau d'hiver pour faire les magasins (parce que dehors il faisait un temps à se balader en tee shirt).

Deuxième chose pénible au Japon : les mamies qui poussent sans vergogne les gens sur leur passage.

En ce moment au musée de Nara, il y a une expo temporaire sur les trésors du Shoso-in. Le Shoso-in c'est là où ils gardent depuis le 8ème siècle les cadeaux faits aux divers empereurs du Japon ainsi que des documents officiels, ... Et donc tous les ans le musée de Nara dépoussière quelques unes de ces pièces pour les montrer lors d'une courte expo, chaque année ayant son thème. Ce qui attire une foule énorme des quatre coins du pays. Surtout des retraités qui n'ont que ça à faire de leur journée.

Comme à l'intérieur il y a foule, il faut être un minimum civilisé pour regarder les objets présentés, donc on fait la queue. Sauf que les grands mères, elles, elles n'ont pas que ça à faire, alors elles poussent tout le monde sans une excuse (à la limite un regard accusateur du genre "tu vois pas que tu genes ?"), tout ça pour quoi ? Pour jeter un coup d'oeil rapide à la pièce et passer à la suivante, comme ça elle pourra raconter avec fierté à ses voisines "je l'ai vu".

Si c'est pour faire ça autant rester chez soi et acheter le bouquin de l'expo, ça leur couterait moins cher en transports et en billet d'entrée. Du coup, déja que c'est assez stressant d'avoir une foule comme ça pour visiter un musée, les mamies en rajoutent une couche à vous bousculer à tout va (ceci dit ça marche partout : dans le train, dans le super marché, dans la rue, ...).

Mais en fait je me demande si ce n'est pas devenu un sport national chez ces femmes en manque de sensations. Par exemple ce matin au musée, il y avait un couloir large de 3m et j'étais le seul obstacle dans ce couloir. Je sais que je ne suis pas un modèle de minceur mais quand même, il y avait de la place pour me contourner, mais nan, c'était beaucoup plus rigolo de me rentrer dedans.

Elles le font exprès j'en suis sûre.