L'épopée de Tôkyô
Par Izouvou, mardi 25 décembre 2007 à 07:00 :: Japon :: #40 :: rss
Franchement ce court séjour sur Tôkyô était épique ! Tout commence jeudi, je dois rejoindre Capucine à Kobe vers 16h, le bus partant à 22h30. On discute dans un resto tenu par des amis à elle, puis après avoir mangé un copieux repas nous nous baladons dans les environs de la gare, décidant de nous rendre à 22h à la gare routière pour bien avoir le temps de nous renseigner sur le bus.
On flane donc tranquillement dans les magasins, et là, mon ventre gargouille. "Non allez me fais pas ça maintenant, pas quand j'ai 8h de bus et que je sais même pas si il y aura des toilettes". Mais ce salaud de ventre n'écoute pas mes supplications et m'oblige à aller aux toilettes, puis à chercher une pharmacie. Vous allez donc découvrir les joies des pharmacies au Japon.
Déja leurs pharmacies mélangent médicaments, parapharmacie, shampooing et maquillage. Sachant que les médicaments sont en vente libre, ça donne un indice sur leur efficacité ... Nous nous rendons donc dans une pharmacie, et heureusement Capucine sait comment s'écrit diarrhée en japonais (maintenant moi aussi). On part donc à la recherche du coin pour les maux de ventre, là il y a plusieurs boites, il y en a même pour les hommes et pour les femmes. J'opte pour une boite unisexe, à la caisse on me fait ce qu'on nomme avec Capucine un "sac de la honte" à savoir qu'en plus d'être embalée, ma boite est mise dans un autre sac plus grand histoire que tout le monde ne sache pas dans quelle galère je me trouve. Sachez qu'ils ne font pas ça avec tous les médicaments, quand j'avais acheté du paracétamol je n'avais eu droit qu'à un sachet.
Je m'empresse de prendre mes petites pillules couleur caca (oui j'ai trouvé ce détail charmant) et là Capucine, qui vérifiait les infos sur le bus, se rend compte qu'il part non pas à 22h30 mais à 22h. Et il est 21h50 ! On se rue vers la gare routière, par chance on tombe du premier coup sur notre bus, c'était juste !
Et c'est parti pour 8h de bus ! Enfin on croyait ... Parce qu'en fait c'est plutot 9h30 de bus ... Bref, toutes les vitres sont cachées par des rideaux, même le chauffeur de bus est caché par un rideau, nous sommes dans le noir total, ne voyant pas où nous allons, et la clim est trop chaude : résultat on a mal au coeur ! On décide d'ouvrir un peu le rideau histoire de voir où nous allons et d'avoir un peu de fraicheur. On essaye aussi de ne pas trop regarder l'horloge dont les minutes défilent lentement ...
On papotte jusqu'à ce qu'on s'arrete pour faire une pause au bout de 2h (toutes les 2h le chauffeur prend une pause de 10 mns, mais il n'y a qu'à la première que l'on peut descendre prendre l'air et acheter une boisson), après la pause on repart et on repapotte, tout doucement, en chuchottant. Mais le voisin de devant nous lance un regard qu'on devine rempli de haine malgré l'obscurité, c'est dire. Du coup on sort les lecteurs mp3 et on se met littéralement en veille. On ne dort pas, on ferme les yeux, on est conscientes de tout ce qui nous entoure, et de temps en temps, quand la douleur de la nuque nous sort de notre veille, on regarde l'heure et on desespère parce qu'il reste encore beaucoup de trajet.
On arrive malgré tout à Tôkyô, mon ventre gargouille à nouveau, et maintenant j'ai mal à la gorge, youpi j'ai choppé un rhume ! Ca nous vaudra un autre tour dans une pharmacie. En tout cas je peux vous dire que les médicaments japonais sont chers et pas efficaces, je crois que je vais me lancer dans l'import de médocs ... Bref on est claquées, mais on doit tenir bon jusqu'au soir. On est tellement crevées qu'on rigole pour un rien, on a du faire peur à plus d'un japonais.
Je vous passe les détails des activités ce week end là, avec Capucine nous connaissons pas trop mal Tôkyô et notre but était de nous amuser, pas de faire du tourisme, donc nous avons fait du shopping, du karaoke, des purikura, ... D'ailleurs en parlant de karaoke, nous avons passé la nuit de samedi à dimanche dans un karaoke avec Diane et Lorraine, ça coute moins cher que l'hotel et c'est beaucoup plus amusant (même si j'ai été incapable de chanter pendant les premières heures, assomée par la fièvre). Je vous parle même pas de la galère pour trouver un karaoke convenable à minuit sous une pluie batante, franchement on s'en souviendra longtemps de ce séjour parsemé d'embuches !
Après trois jours d'activités enchainées dans un rythme soutenu, nous devons retourner à Kobe. Cette fois le bus est bien à 22h30. Après manger on se dit qu'on a le temps de faire une dernière scéance de purikura. On passe beaucoup de temps à se décider sur les conneries à mettre dessus ("vas y mets des paillettes !", "je trouve qu'il y a pas assez de cacas", ...) et là je vois que l'heure tourne et qu'il est déja 21h45, il faudrait peut être songer à partir ! On se depeche d'aller à la gare, on monte dans le train, et on voit qu'on arrivera à la gare à ... 22h27 !
Grosse tension au sein du groupe, au début l'enervement prend le dessus, puis petit à petit on essaye de se calmer et d'échaffauder des stratagèmes. Plan A : Capucine court arreter le bus pendant que Lorraine, Diane et moi courrons chercher nos bagages laissés dans une consigne paumée sous la gare. Plan B : si le bus est déja parti, Capucine nous prévient et je dois jouer la malade pour appitoyer les employés et leur faire comprendre que si on a raté le bus, c'est parce que je devais aller me vider aux toilettes.
Attention les portes du train vont s'ouvrir, top départ ! Capucine est partie en trombe vers la gare routière, nous la suivons pour ensuite bifurquer au sous sol pour retrouver ces foutues consignes. Sauf que les consignes sont dans la partie non payante de la gare, on doit donc d'abord passer par les portillons avant de chercher, or les portillons du sous sol sont déja fermés, on doit donc remonter pour sortir, et descendre à nouveau.
Le train a mis moins de temps que prévu, il est 22h20, ça va aller, sauf que je comptais me repérer sur les magasins et que les magasins sont tous fermés, cachés par un rideau de fer. Y'a rien pour aider mon sens de l'orientation déplorable là ! J'arrive quand même à retrouver la bonne direction, on remonte les bagages avec les filles, il est 22h28, on a géré à mort, reste plus qu'à trouver le bus. Là l'employé nous dit que nos billets ne sont pas bons, que ce sont des billets pour aller de Kobe à Tôkyô !
Avec Capucine nous sommes étonnées, c'est pourtant bien marqué Tôkyô-Kobe sur le billet et pas l'inverse, mais l'employé nous dit que ce n'est pas le ticket qui compte mais le reçu qui l'accompagne, et que sur ce reçu il est bien marqué Kobe-Tôkyô ('sont compliqués je vous jure) On avait pas de plan C pour cette éventualité. C'est là que l'employé court à travers la gare, suivi de 4 françaises à la queue-leu-leu pour une course comme on en voit dans Fort Boyard.
On va au guichet, on nous échange nos billets (par chance il reste quelques places dans le bus) et on retourne en courant vers le bus qui partira finalement à 22h34. On se tape forcément l'affiche, on passe pour les étrangères pas douées qui font partir le bus en retard alors qu'on n'y peut rien si cet abruti d'employé à la gare de Kobe est pas foutu de faire son boulot correctement !
Bref un conseil, si un jour vous voulez faire des économies et privilégiez le bus de nuit comme moyen de transport, vérifiez bien l'heure de départ, vérifiez le reçu agraffé au dos du billet et surtout munissez vous de somnifères parce qu'autant les japonais son capables de dormir dans des positions pas croyables, autant un français n'y arrive pas, et 9h30 dans le noir, c'est chiant.
***BONUS***
Des photos en vrac du séjour sur Tôkyô.

Un sumotori paumé à Shibuya




Les illuminations de Roppongi



Le mont Fuji en illuminations

Fou rire à Shinjuku

La tour de Tôkyô version Noel





Commentaires
1. Le dimanche 20 juillet 2008 à 14:35, par DanielAdam
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