Oshogatsu
Par Izouvou, lundi 31 décembre 2007 à 21:20 :: Vie quotidienne :: #41 :: rss
Voici donc venu le moment de fêter le nouvel an (oshogatsu en japonais). Contrairement à chez nous, c'est une fête très traditionnelle et qui se passe en général en famille. On y mangera une cuisine spéciale, la osechi ryôri, que je n'ai malheureusement pas eu la chance de gouter vu que j'étais seule pour le repas.
Depuis le 27 décembre, les décorations de Noel ont été remplacées par les shimekazari, des décorations servant à la fois à repousser les mauvais esprits et à souhaiter la bienvenue au dieu du nouvel an.


A 23h50 j'ai rendez vous devant un établissement de bain public avec les patrons du restaurant où j'étais sensée passer le reveillon de Noel. Ne sachant pas trop où il est malgré les indications de Midori, je décide, histoire d'assurer le coup, de partir 45 minutes avant. A 23h20 je passe devant le restaurant que je n'avais pas réussi à trouver le 24 au soir. Je devais vraiment être à la masse ce soir là vu que je me souviens être passée au moins deux fois dans cette rue ... Bref, il me reste 30 minutes pour trouver ce foutu bain public, ça devrait être réalisable.
Sauf que quand ça veut pas ça veut pas. Impossible de trouver le point de rendez vous. J'ai pourtant tourné pendant une demie heure dans le coin, mais non. Je suis sure que la prochaine fois que je retourne à Naramachi je tombe dessus. Bref minuit approche et je suis bien embêtée ... Au loin j'entends les cloches des divers temples avoisinants qui ont déja commencé à sonner les 108 coups marquant le passage à la nouvelle année. Tant pis, je n'ai plus qu'à me diriger vers le temple le plus proche en espérant que ça soit celui où ils ont prévu de venir.
Je me retrouve donc dans un petit temple de quartier, le Shôkaku-ji, où une poignée de personnes sont présentes pour faire résonner la cloche une des 108 fois. On me propose de faire sonner à mon tour la cloche. Ravie, je m'exécute. On me donne même pour la peine de l'amazake (boisson sucrée et légérement alcoolisée à base de riz fermenté typique du soir du nouvel an). Puis je discute un peu avec quelques personnes et décide de rentrer, ne voyant pas les personnes avec qui j'avais rendez vous.


Jus de fruit ou alcool m'a t on demandé. C'te question ...
Sur le chemin je croise un groupe de jeunes en train de se livrer à l'exercice perilleux du mochitsuki (fabrication du mochi), le mochi étant un plat traditionnel du nouvel an. Puis je vois des groupes de personnes se diriger tous vers le même endroit. Curieuse, je me détourne de mon chemin et entreprends de les suivre. Je ne sais pas où ça va me mener mais on verra bien.
En chemin je remarque que les deux conbini (superettes ouvertes 7j/7 et 24h/24) du coin sont fermés. Depuis le 28 décembre le Japon marche au ralenti et jusqu'au 3 janvier quasi tous les commerces sont fermés. Je comptais sur les conbini pour me nourrir, mais visiblement c'est raté ... Et je n'ai pas pensé à faire un stock de nourriture, il ne me reste que du riz !
On réglera ce problème plus tard ... La direction du cortège semble être celle du Kasuga Taisha, tout au long du chemin on peut trouver les stands de nourriture que je vous avais déja décrits lors du On matsuri. Bon ben maintenant je sais où je vais me restaurer. Problème réglé assez rapidement finalement. On s'enfonce de plus en plus dans la foret pour se retrouver coincés à quelques dizaines (centaines ?) de mètres du sanctuaire. Autour de moi énormément de jeunes, je n'en ai jamais vu autant à Nara, pas même lors du On matsuri, et ça me surprend.


Des milliers de personnes ont fait le déplacement jusqu'au sanctuaire
Je fais donc la queue pendant 45 minutes pour avoir le droit de rentrer dans le sanctuaire. Mais qu'est ce qui bloque le sanctuaire comme ça ? Et bien un véritable business. La police fait entrer les gens par vagues pour qu'ils puissent acheter mamori (porte bonheur) et omikuji (prédiction), et bien sûr glisser une petite prière aux dieux du sanctuaire. Tout cela à grand renfort d'argent. Et je peux vous dire que ça tourne bien.

Après avoir jeté une pièce les gens prient

Mine de rien ça en fait des sous !

Après avoir lu la prédiction on la noue aux endroits prévus à cet effet

J'ai succombé au merchandising ! Des mamori et de l'alcool pour les dieux
A la sortie du sanctuaire on peut encore trouver quelques stands tenus par des miko. L'un d'eux propose de boire un peu de sake contre une offrande du montant que l'on souhaite. Les gens laissent en moyenne 100 yens, bien entendu j'ai fait ma petite offrande pour moi aussi boire une coupelle de sake.

Les gens font la queue pour boire
On nous fait passer par un chemin détourné, je ne sais pas du tout où je vais attérir mais je suis la masse ... En fait on arrive près du chemin menant au Tôdai-ji, lui aussi envahi par les stands de nourriture. Et donc c'est parti pour un tour au Tôdai-ji. Comme tous les sanctuaires et temples, le Tôdai-ji est accessible gratuitement ce soir. Je me refais donc une petite visite et en profite pour prendre un omikuji.

Pour l'occasion on peut passer par le mon d'habitude fermé

On apperçoit, encore pour l'occasion, la tête du Grand Bouddha à travers un volet

Le long du chemin ont été mis en place des brasiers pour que les gens viennent s'y réchauffer


Pour l'année de la souris qui débute, une cloche en forme de ... souris
Pour prendre un omikuji, on se saisit de la boite, on la secoue (notez que vous n'êtes pas obligé de jouer au barman avec comme l'homme sur la vidéo) et un batonnet en sort. Sur ce batonnet figure un numéro, auquel correspond un omikuji. Dessus figurent plusieurs présages concernant la vie professionnelle, la chance, l'amour, ... En gros est écrit la tendance générale de la prédiction, qui peut aller de grand malheur à grand bonheur. Après l'avoir lu, on l'attache à l'endroit dédié. On dit que quand il se détache, la prédiction se réalise. Celà sert aussi à laisser les malheurs au temple ou au sanctuaire en cas de prédiction néfaste.

Le présage est bon, ouf ! (chose rare, il est traduit en anglais)
J'assiste aussi au rituel étrange du Tôdai-ji (qui n'est pas exclusif au nouvel an). Derrière le Grand Bouddha se trouve un pilier troué. La taille du trou correspond exactement au diamètre d'une de ses narines. La légende veut que quiconque passe à travers ce trou connaitra l'Eveil. Les japonais font donc la queue pour se faufiler à travers le trou qui n'est pas si large que ça, mais la plupart des japonais étant très fins, ils y arrivent sans trop d'effort (encore que j'ai cru un moment que le jeune homme qui passe en dernier sur la vidéo était coincé).
Sur le chemin du retour je me prends un verre d'amazake chaud (je dirais même bouillant). Et j'ai la surprise de voir que le conbini non loin de la fac n'est pas fermé !

Mon AMPM chéri ne m'a pas laissée tomber !
Pour ne pas vous laisser sur une photo de conbini je vous mets celle de lampions d'un des sanctuaires ouvert ce soir. Et comme on dit ici, Akemashite Omedetô ! (Bonne Année).

Bon maintenant je vais me coucher, il est 6h30 quand même !
Commentaires
1. Le mercredi 2 janvier 2008 à 13:45, par Pilou
2. Le mardi 8 janvier 2008 à 20:36, par cousine lilloise
3. Le vendredi 25 janvier 2008 à 03:40, par mublito
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