vendredi 15 février 2008

Bande annonce

Un léger avant goût de ce qui sera présenté d'ici quelque temps ...


A part ça tout va bien (enfin mis à part que j'ai la creve, que je fais une allergie cutanée, que j'ai eu des nausées nocturnes, ...).

samedi 9 février 2008

36 15 MYLIFE

Aujourd'hui il a neigé de la vraie neige qui tient, et ce du petit matin au coucher du soleil (chose rare pour la région, normalement il ne neige que le matin). C'était donc l'occasion d'aller faire mumuse dans la neige et de prendre plein de photos. Apparemment je n'étais pas la seule à m'amuser vu le nombre de bonhommes de neiges éparpillés dans le parc de Nara.

Comme j'avais un gros ménage à faire ce matin ,je n'ai pu sortir qu'en début d'après midi. J'ai donc couru un peu partout pour prendre un maximum de photos mais je n'ai malheureusement pas eu le temps de faire tout ce que je voulais faire, il m'aurait fallu la journée pour ça ! Bref je me suis reveillée tôt ce matin et la course effreinée dans la neige m'a épuisée.

Sitôt rentrée, le temps de me secher les cheveux à l'aide de la clim réglée à fond (non je n'ai pas acheté de seche cheveux), je devais déja repartir en direction de la fac pour les préparatifs de la soirée. Bien évidemment c'est le jour où je dois marcher avec ces saletés de geta qu'il neige, j'ai donc du garder mes baskets pour marcher dans la rue et mettre tabi et geta dans le resto.

Bref j'ai trié les photos et j'en ai une soixantaine à redimensionner et je dois avouer que j'ai la flemme là, il est plus de 23h et il me faudrait deux bonnes heures pour m'occuper des photos et du compte rendu et je suis claquée, en plus demain je dois me lever tôt pour aller récuperer Fabien à l'aéroport.

Donc pas de photo du kimono pour aujourd'hui, je sais, le suspens est insoutenable. Et en plus je suis absente jusqu'au 2 mars. Donc je finis sur une note toute naze, désolée. Par contre au retour je devrais avoir plein de chouettes trucs à montrer.

mardi 5 février 2008

Pour tous ceux qui pensent que kimono = robe de chambre (et pour les autres aussi)

Samedi c'est la cérémonie de fin d'année à la fac, et pour l'occasion tout le monde est sur son 31. Traditionnellement les femmes portent un kimono et un hakama (pantalon large qu'on porte par dessus le kimono et qu'on retrouve souvent dans les arts martiaux) mais on peut porter autre chose tant que ça sort de l'ordinaire. Par exemple en ce moment la grande mode ce sont les robes chinoises. Bref c'est l'occasion pour moi de réaliser un de mes fantasmes : avoir mon propre kimono.

Dimanche dernier donc, avec Midori et une autre élève de la section d'histoire ancienne qui s'y connait en kimono, nous avons arpenté les ruelles de Nara pour trouver la perle rare. Le problème c'est que je suis grande, alors forcément trouver un kimono à ma taille c'est quasi impossible. Par contre en trouver un presque à ma taille c'est possible. Mais après il faut en trouver un qui me plait, qui me va et qui n'est pas hors de prix. Et ça c'est autre chose.

Il faut savoir qu'un kimono neuf coute les yeux de la tête (enfin les prix varient énormément en fonction de la qualité). C'est pourquoi il existe une solution très populaire et peu couteuse pour trouver son bonheur : les kimono d'occasion. Après avoir fait chou blanc dans pas mal de boutiques, on tombe sur LA boutique. Les kimonos sont tous plus beaux les uns que les autres et le choix est difficile. Après quelques essais le choix est fait. Mais nous ne sommes qu'au début de nos peines ...


Comme c'est super casse pied à plier vous ne verrez qu'un détail du kimono

Parce qu'un kimono tout seul ça ne rime à rien, il y a moults accessoires à acheter et qui coutent au final plus cher que le kimono en lui même. Déja il y a le obi, la ceinture sans qui le kimono ne serait rien et ne tiendrait tout simplement pas. Et il arrive que le obi, même d'occasion, coute plus cher que le kimono ! Là il faut choisir entre différentes textures plus ou moins faciles à manier pour faire un noeud dans le dos (ou une autre forme, il y en a tout un tas possible). Par dessus le obi on peut aussi nouer un obi jime, une fine cordelette.


Le obi et le obi jime

Bon c'est bien gentil tout ça, mais ça c'est ce qui est visible, il y a aussi des accessoires invisibles, comme le juban qui est un sous kimono. Pour faire tenir le kimono et le juban, on utilise des koshi himo, des ceintures en soie qui permettront de bien serrer le kimono (et là je comprends la souffrance de toutes les femmes qui ont eu à porter un corset). Il y a aussi le date jime qui a grosso modo la même fonction que les koshi himo sauf qu'il se place juste en dessous du obi. Pour renforcer le tout il y a enfin obi ita qui se place au dessus du date jime et qui va donner une belle forme au obi.


Le juban, sous kimono


De haut en bas : 3 koshi himo, le obi ita et le date jime

Mais ce n'est pas fini ! Ben oui, et les pieds alors ? Déja il faudra revetir des tabi, des chaussettes assez rigides qui séparent le gros orteil du reste des doigts de pied, chose que je trouve assez peu confortable. Normalement les tabi sont blanches mais on peut aussi en trouver avec des motifs. Et bien sûr il y a les chaussures. Avec un kimono on portera plutot des zôri mais on peut aussi porter certaines geta.



Le problème c'est que les japonaises ont des petits pieds fins. Et que moi je chausse du 43 et que j'ai les pieds plats (donc larges), alors forcément, impossible d'en trouver à ma taille. Niveau longueur ce n'est pas trop grave, les japonaises ont souvent le talon qui dépasse, mais niveau largeur mes gros pieds ne passent pas entre les cordes ! Heureusement on peut ajuster la longueur et je peux ainsi rentrer presque correctement dans mes geta. Mais bon c'est super pas confortable, je sens que je vais souffrir samedi !

Récapitulons : le kimono OK, les accessoires pour le kimono OK, les chaussures OK. Mais ce n'est toujours pas fini ! Ben oui, et les cheveux alors ? Bon comme j'ai dû acheter toute seule les accessoires pour les cheveux et que j'ai eu un mal fou à choisir (ne sachant pas trop à quoi allait ressembler ma coiffure) j'ai acheté tout un stock de babioles à mettre dans mes cheveux qui glissent.


Bon et puis bien sûr il faut un sac, sinon ça va pas. Donc le sac, et aussi quelques accessoires à mettre sur le obi, en plus du obi jime. Et il y a encore moults accessoires dont j'ignore le nom et la fonction mais qui ne font pas partie du minimum vital.


Le sac et deux décorations pour le obi

Au final un kimono qui empêche de respirer, des chaussures qui font souffrir le martyre et une coiffure probablement casse gueule. En même temps c'est pas comme si je le savais pas, je le fais en connaissance de cause. Oui, mais si on danse ? En fait je crois que samedi je vais me poster dans un coin et ne plus en bouger avant la fin, ça sera plus sûr.

dimanche 3 février 2008

Lancer de haricot

Le 3 février on fête déja le retour du printemps avec le setsubun (évidemment c'est ce jour là que la pluie a décidé de se changer de temps en temps en neige, plus printanier tu meurs). La tradition veut aussi que l'on chasse les démons à coup de haricots de soja et qu'on appelle le bonheur à rentrer dans le foyer.

En famille le père recouvrira donc son visage d'un masque de démon tandis que les enfants le chasseront hors de la maison en lui lançant des mame (haricots de soja) et en criant oni ha soto (les démons, dehors !) puis fuku ha uchi (le bonheur, à l'intérieur !). Bon après c'est la mère qui se tape tout le ménage mais ça c'est un autre problème (encore qu'on est sensé manger les mame donc il vaut mieux que le ménage ait été fait au préalable).

Bien entendu les temples et sanctuaires ne sont pas en reste. A Nara on avait droit à trois mamemaki (lancer de haricots) dans trois endroits différents. D'abord au sanctuaire de Hachiman, où, avant le mamemaki on pouvait voir un tauematsuri (festival pour le repiquage du riz). Ce genre de matsuri est très fréquent au Japon pour qui la riziculture est primordiale. Ici un homme masqué reproduisait divers gestes du riziculteur, dont le passage de la charrue avec un boeuf symbolisé par un jeune garçon.





A la fin de la courte cérémonie, tous les protagonistes du matsuri se sont mis à nous lancer des sachets de haricots, provoquant un joyeux bazar.




Les enfants ayant participé au mini matsuri posent après le mamemaki


Les petits sachets de mame attrapés au vol

Un peu plus tard dans l'après midi c'était au tour du Nigatsudô, un des bâtiments rattaché au Tôdai-ji. Normalement les moines lancent divers sachets du Nigatsudô tandis que la foule, en contrebas, se bat pour récupérer les lots les plus rares contenant une clochette, signe de bonheur. Il y a pele mele d'énormes sachets de cacahuètes, des anman (pain à la purée de haricot rouge), d'énormes sachets remplis de diverses sucreries et de balles rebondissantes, et de petits sachets contenant une clochette (ronde ou carrée, la plus rare des deux) et un petit sachet de mame. Vu la taille (et le poids) de certains sachets, il doit surement y avoir chaque année quelques mamies assomées par des cacahuètes (c'est ce qu'on appelle le karma, fallait pas pousser les autres au musée).

Mais comme il pleuvait/neigeait de la neige fondue, ils ont préféré donner à la main les sachets pour éviter des accidents dûs au sol glissant. Vous pouvez voir sur la vidéo que ce mamemaki ci a attiré pas mal de monde.


Au pied du Nigatsudô, c'est la valse des parapluies




J'ai réussi à avoir un sachet avec clochette !

La nuit venue, deux événements se faisaient concurrence : le mamemaki du Kôfuku-ji et le Mantôrô (festival des lanternes) du Kasuga Taisha. Lors du Mantôrô, toutes les lanternes du Kasuga Taisha sont allumées (je rappelle qu'il y en a plus de 2000). Ce festival se déroule deux fois par an, une fois le 3 février, et une fois en août, pendant O-bon (fête des morts) où les morts, guidés par la lueur des lanternes, vont visister leurs proches.

N'étant pas sûre de pouvoir assister au Mantôrô en août, j'ai du avec regret laisser de côté le mamemaki pour aller me perdre dans la pénombre des allées menant au Kasuga Taisha. Heureusement au début du chemin ils vendaient des petites lanternes qui m'ont permi d'éviter quelques flaques d'eau que la faible lueur des lanternes n'éclairait pas.


La providentielle lanterne !


Le long du chemin menant au sanctuaire on n'aperçoit que la lueur blafarde des lanternes de pierre


Au milieu de la nuée de lanternes, un être humain, muni de sa lanterne de papier, avance tel un spectre


Le sanctuaire est exceptionnellement ouvert ce soir





Et pour finir, un petit bonus : les daims ont envahi le parc de la fac !


vendredi 1 février 2008

5h46

Le 17 Janvier 1995, à 5h46, un séisme de magnitude 7,3 a secoué Kobe et ses environs. Il a suffit de quelques petites secondes pour ravager à jamais la ville et provoquer près de 6000 décès. Région réputée "sûre" au Japon, ce séisme était complétement inattendu. Les secours envoyés par le gouvernement ont donc mis beaucoup de temps à arriver sur place, laissant des centaines de milliers de japonais quasi livrés à eux mêmes. Heureusement une forte chaine de solidarité s'est mise en place.






Pour ne pas oublier ce désastre et pour informer les générations futures, un mémorial a été construit. Deux films présentent d'un côté les dégats matériels, montrant des reconstitutions impressionnantes "en direct" du séisme dans différents quartiers de la ville ou dans les environs, et de l'autre côté les dégats humains, à travers le témoignage poignant d'une lycéenne. Un étage entier est consacré à un musée présentant photos et objets ramassés après le désastre. On y montre aussi comment s'est passée la reconstruction des quartiers, l'organisation des secours, ... Enfin un étage est consacré à l'explication des séismes et des mesures préventives, notamment dans le domaine du bâtiment.


Le mémorial

Après avoir visité ce mémorial, bizarrement, on trouve les séismes moins amusants, et on se sent vraiment démoralisé. Comme avec Capucine on avait besoin de se remonter le moral et qu'à cause du séisme les interets touristiques de la ville de Kobe sont quasi nuls, on a passé le reste de la journée dans des occupations futiles comme faire des purikura, un peu de shopping, un tour dans un game center et une visite à Harbour Land, avec sa reposante vue sur le port.


La grande roue à côté du port



Peu de photos de Kobe donc (en plus pour changer il pleuvait), j'essaierai d'en prendre plus quand j'y retournerai dans quinze jours. Et pour finir sur une note joyeuse, en bonus la robe de mariée la plus kitsch que j'aie jamais vue (remarquez la tenue du marié est pas mal non plus).