Le 3 février on fête déja le retour du printemps avec le setsubun (évidemment c'est ce jour là que la pluie a décidé de se changer de temps en temps en neige, plus printanier tu meurs). La tradition veut aussi que l'on chasse les démons à coup de haricots de soja et qu'on appelle le bonheur à rentrer dans le foyer.

En famille le père recouvrira donc son visage d'un masque de démon tandis que les enfants le chasseront hors de la maison en lui lançant des mame (haricots de soja) et en criant oni ha soto (les démons, dehors !) puis fuku ha uchi (le bonheur, à l'intérieur !). Bon après c'est la mère qui se tape tout le ménage mais ça c'est un autre problème (encore qu'on est sensé manger les mame donc il vaut mieux que le ménage ait été fait au préalable).

Bien entendu les temples et sanctuaires ne sont pas en reste. A Nara on avait droit à trois mamemaki (lancer de haricots) dans trois endroits différents. D'abord au sanctuaire de Hachiman, où, avant le mamemaki on pouvait voir un tauematsuri (festival pour le repiquage du riz). Ce genre de matsuri est très fréquent au Japon pour qui la riziculture est primordiale. Ici un homme masqué reproduisait divers gestes du riziculteur, dont le passage de la charrue avec un boeuf symbolisé par un jeune garçon.





A la fin de la courte cérémonie, tous les protagonistes du matsuri se sont mis à nous lancer des sachets de haricots, provoquant un joyeux bazar.




Les enfants ayant participé au mini matsuri posent après le mamemaki


Les petits sachets de mame attrapés au vol

Un peu plus tard dans l'après midi c'était au tour du Nigatsudô, un des bâtiments rattaché au Tôdai-ji. Normalement les moines lancent divers sachets du Nigatsudô tandis que la foule, en contrebas, se bat pour récupérer les lots les plus rares contenant une clochette, signe de bonheur. Il y a pele mele d'énormes sachets de cacahuètes, des anman (pain à la purée de haricot rouge), d'énormes sachets remplis de diverses sucreries et de balles rebondissantes, et de petits sachets contenant une clochette (ronde ou carrée, la plus rare des deux) et un petit sachet de mame. Vu la taille (et le poids) de certains sachets, il doit surement y avoir chaque année quelques mamies assomées par des cacahuètes (c'est ce qu'on appelle le karma, fallait pas pousser les autres au musée).

Mais comme il pleuvait/neigeait de la neige fondue, ils ont préféré donner à la main les sachets pour éviter des accidents dûs au sol glissant. Vous pouvez voir sur la vidéo que ce mamemaki ci a attiré pas mal de monde.


Au pied du Nigatsudô, c'est la valse des parapluies




J'ai réussi à avoir un sachet avec clochette !

La nuit venue, deux événements se faisaient concurrence : le mamemaki du Kôfuku-ji et le Mantôrô (festival des lanternes) du Kasuga Taisha. Lors du Mantôrô, toutes les lanternes du Kasuga Taisha sont allumées (je rappelle qu'il y en a plus de 2000). Ce festival se déroule deux fois par an, une fois le 3 février, et une fois en août, pendant O-bon (fête des morts) où les morts, guidés par la lueur des lanternes, vont visister leurs proches.

N'étant pas sûre de pouvoir assister au Mantôrô en août, j'ai du avec regret laisser de côté le mamemaki pour aller me perdre dans la pénombre des allées menant au Kasuga Taisha. Heureusement au début du chemin ils vendaient des petites lanternes qui m'ont permi d'éviter quelques flaques d'eau que la faible lueur des lanternes n'éclairait pas.


La providentielle lanterne !


Le long du chemin menant au sanctuaire on n'aperçoit que la lueur blafarde des lanternes de pierre


Au milieu de la nuée de lanternes, un être humain, muni de sa lanterne de papier, avance tel un spectre


Le sanctuaire est exceptionnellement ouvert ce soir





Et pour finir, un petit bonus : les daims ont envahi le parc de la fac !