mercredi 26 mars 2008

Futami la délicieuse

Parmi la liste des choses que je voulais faire au Japon au moins une fois dans ma vie il y avait le ryokan (auberge traditionnelle). Une nuit dans un ryokan coûte relativement cher mais on en a vraiment pour son argent. J'avais réservé dans un ryokan à Futami, pas très loin de Ise et nous avions une grande chambre avec vue sur la mer pour 30 000 yens par personne (environ 200 euros par personne).



En arrivant on nous sert un thé accompagné d'un mochi

Une des particularités du ryokan est que le diner et le petit déjeuner sont compris dans le prix. Le diner est très copieux (j'ai eu du mal à tout finir, et pourtant j'avais faim) et nous est servi à même la chambre par une employée de l'hotel (ce qui est assez déroutant, on reste assis sans rien faire à la regarder tout mettre en place sous nos yeux ébahis). Au risque de passer encore pour un estomac sur pattes (j'assume), je vais vous présenter le diner en images.


Sashimi de thon sur riz vinaigré


Alcool de fraise, tofu, poissons, omelette et légumes saumurés


Sashimi en tous genres et oursin


Salade de légumes


Nabe de langouste, champignons, chou et carottes (délicieux !)


Divers légumes (oui bon je retrouve plus ce que c'est)


Croquette au crabe, soupe miso, légumes samurés et riz


Providentielle glace vanille, fraise (de saison) et haricots rouges sucrés

Les mets sont bien entendu servis en plusieurs fois, sans ça tout ne tiendrait pas sur la table ! Une fois le diner fini et l'estomac on ne peut plus rempli, l'employée vient tout débarasser et nous installe nos futon tandis qu'on la regarde faire avec embarras. Le temps de digérer un peu et on se rend vêtus des yukata de l'auberge (kimonos légers) dans un des bains privés à l'étage. Le must dans un ryokan étant le onsen (source naturelle d'eau chaude) en extérieur, mais ces ryokan sont bien souvent plus chers. En tout cas rien de mieux pour se détendre qu'un bon bain chaud dans une immense baignoire.



L'espace pour se laver avant de rentrer dans le bain


Ca vaut pas un onsen mais c'est quand même le pied !

Après une bonne nuit passée sur des futon moelleux, c'est le retour de la nourriture ! Déja qu'en général je n'ai pas grand appetit le matin, mais là j'ai vraiment eu du mal à tout manger. Je me suis forcée malgré mon estomac qui me suppliait d'arrêter, mais ça aurait vraiment été trop dommage de ne pas en profiter. Voici donc le copieux petit déjeuner en images.



Sashimi, poissons, riz, soupe miso, tofu, légumes, omelette ...


... et nabe de tofu et poireaux. Ouf !

Après être venus à bout du petit déjeuner nous avons quitté l'hotel et nous sommes dirigés vers l'attraction de Futami : les meotoiwa (les rochers époux). Situés dans l'enceinte du sanctuaire Okitama, les deux rochers représenteraient l'union entre deux dieux shintô, Izanagi et Izanami. Ils représentent plus généralement les couples.


Sanctuaire de Okitama



Ema (plaquettes à voeux) représentant les meotoiwa


Depuis plus de 650 ans les deux rochers sont reliés par une lourde corde de 35 mètres remplacée 3 fois par an. Le rocher mâle fait une hauteur de 9 mètres et est entouré de 16 m de corde tandis que le rocher femelle ne fait que 4 m et est entouré de 10 m de corde. Entre les deux rochers pend donc 9 m de corde (j'ai pas fait spé maths pour rien, le compte est bon !).


En repartant vers la gare nous avons pu admirer le concours de poupées organisé pour le hinamatsuri (jour des filles) qui a lieu le 3 mars de chaque année. Chaque famille ayant au moins une fille disposera dans sa maison des poupées (traditionnellement en porcelaine) représentant l'empereur et sa femme. Ceux qui veulent faire les choses en grand (et qui ont les moyens car ne serait-ce que pour le couple impérial il peut y en avoir pour des centaines d'euros) auront la totale : serviteurs, soldats, musiciens, conseillers, ... et meubles.


La totale

Les commerces de la ville de Futami exposaient donc dans leurs vitrines les fameuses poupées. Dans un bâtiment nous avons même pu voir une exposition impressionnante de centaines de poupées. Personnellement je me suis contentée d'une "version du pauvre" en tissu parce que je n'ai clairement pas les moyens de m'offrir la version originale.


L'empereur et sa femme




Si j'en prends une ou deux ça se verra pas non ?

Ah et pour ceux qui ne me connaissent pas j'ai ajouté une brève présentation dans la catégorie "Qui que quoi donc où ?".

lundi 24 mars 2008

La valse des hakama

J'interromps à nouveau le flashback des vacances de février pour parler de la remise des diplomes qui a eu lieu aujourd'hui même sous un grand soleil (alors que depuis deux jours il pleuvait comme vache qui pisse, ils ont eu du bol). La tradition veut qu'on porte un hakama ce jour là, un pantalon large que l'on porte par dessus un kimono. Il y avait donc aujourd'hui dans l'enceinte de la fac des centaines de japonaises en tenue traditionnelle (95% en hakama ou en kimono).


Les étudiantes font la queue pour se faire prendre en photo devant l'entrée de la fac

A 10h00 les futures diplomées se sont rendues dans un amphi où elles étaient assises en fonction de leur section et de leur nom de famille. Pendant 40 minutes, un homme a appelé inlassablement une par une les 600 et quelques étudiantes qui se levaient dès que leur nom était prononcé. Puis le président de l'université a fait un discours d'une dizaine de minutes et on a remis aux étudiantes leur diplôme format poster. Les chercheuses quant à elles recevaient leur diplome dans un endroit plus VIP.



Un diplôme pas du tout encombrant


Les diplomées à la sortie de l'amphi



Famille et amis se sont déplacés pour féliciter les diplomées

Pour les féliciter il y avait bien sûr la famille, mais aussi les kohai (élèves cadettes des diplomées) venues offrir fleurs et cadeaux à leur senpai (ainée). Ce qui faisait pas mal de monde. Après avoir posé avec leurs professeurs et amies, les étudiantes fraichement diplomées se faisaient prendre en photo par section à l'entrée de l'université.




Les chercheuses en histoire ancienne






La section d'histoire ancienne

samedi 22 mars 2008

Ise la sacrée

Si vous demandez à un japonais de vous donner les sanctuaires les plus connus du Japon, nul doute qu'il vous citera le sanctuaire de Ise. Et pour cause, c'est le plus grand sanctuaire du Japon. Dédié à la déesse du soleil Amaterasu, la déesse de laquelle les empereurs sont censés descendre, le sanctuaire comporte des dizaines de mini sanctuaires dédiés à d'autres dieux. Le sanctuaire est donc devenu un lieu de pélerinage pour tous les shintoïstes, certains allant même jusqu'à faire une prière dans chacun des mini sanctuaires.

Outre le fait d'être le plus grand du Japon, ce sanctuaire comporte encore bien des particularités. En effet il abrite le Yata no kagami, le miroir sacré faisant partie des trois attributs de l'empereur avec le Kusanagi (un sabre) et le Yasakani no magatama (une pierre magique). Il est aussi séparé en deux parties, le Geku (partie extérieure) et le Naiku (partie intérieure) séparées de 6 kms.

Mais la plus grande particularité du sanctuaire de Ise réside dans son respect de la tradition shintô qui veut qu'un sanctuaire soit reconstruit tous les 20 ans. Ainsi en 1993, et ce pour la 61ème fois, tous les sanctuaires du complexe ont été détruits et reconstruits. Pour se faire chaque sanctuaire dispose à côté de lui d'un site vierge qui servira de terrain pour reconstruire le sanctuaire.

Comme c'est un sanctuaire extrémement sacré, on ne peut bien souvent pas s'approcher des bâtiments où vivent les dieux, et on ne peut bien sûr prendre des photos que de loin.


Le pont Uji marquant l'entrée du Naiku



Les pélerins se lavent les mains dans la rivière Isuzu avant de visiter les dieux



Derrière la palissade on aperçoit un petit bout de toit entouré d'arbres centenaires


Un sanctuaire et son terrain vierge à droite


En 1993, avant la destruction du doublon

Autre particularité de Ise, les Akafuku (bonheur rouge). Cette patisserie à base de mochi et de pâte de haricot rouge est célèbre dans le pays entier et est associée au pélerinage de Ise. En 1707, alors qu'à cette époque chaque année un cinquième de la population effectuait le pélerinage vers le sanctuaire de Ise, un homme appelé Jihee Hamada eut l'idée de créer un salon de thé pour réconforter les pelerins qui avaient marché pendant des jours entiers et qui arrivaient épuisés au sanctuaire.

300 ans plus tard les Akafuku génèrent un chiffre d'affaire annuel de 70 millions d'euros et les japonais se bousculent pour acheter plusieurs boîtes à ramener comme cadeau à la famille et aux amis. En octobre dernier un scandale concernant les Akafuku a ébranlé le Japon. Certains ingrédients étaient congelés (alors que tout est censé être frais) et les dates de peremption étaient falsifiées. Il faut dire que les dates sont très courtes au Japon et qu'il faut consommer les Akafuku dans les deux jours. Quoi qu'il en soit, ça a été vécu comme un véritable drame national (et je n'exagère pas).


Le quartier commerçant situé à côté du Naiku


Malgré le scandale, les Akafuku se vendent comme des petits pains


La célèbre boîte rose et sa date de péremption ultra courte


Les Akafuku et leur indispensable spatule

jeudi 20 mars 2008

Osaka l'agitée

Même si je m'y rends régulièrement, je n'ai jamais vraiment parlé de Osaka. Il faut dire que c'est une grande ville et que je ne suis pas vraiment adepte des grandes villes. Je préfère le calme, la nature, l'espace. Et on ne peut pas dire que Osaka soit une ville calme, au contraire elle bouge énormément. Elle est connue pour ses quartiers vivants, surtout la nuit, mais aussi pour ses quartiers "chauds" (pas dans le sens coupe gorge mais l'autre sens).

Quelque part Osaka est une ville fascinante (et pas que pour ses takoyaki, spécialité culinaire de la ville, mais on va encore me taxer d'estomac sur pattes donc je n'en dirai pas plus). Mais plus d'un point de vue sociologique que d'un point de vue historique. Je ne me suis pas assez aventurée dans la ville pour la connaitre, mais je pense qu'avec du temps je pourrais l'apprécier pour son côté humain. En attendant que j'explore la ville, voici quelques photos du château d'Osaka, malheureusement tout neuf, et de Shinsaibashi, quartier aux mille restaurants qui rivalisent d'inventivité pour attirer les clients chez eux plutôt que chez le voisin.




Saurez vous relever l'indice montrant que le château a été récemment reconstruit ?












*** BONUS ***


Les toilettes japonaises expliquées aux étrangers.


Enfin oubliez pas de retirer le pantalon quand même

lundi 17 mars 2008

Hiroshima la devastée

La note d'aujourd'hui est surement la plus difficile que j'aurai jamais à écrire. Je l'appréhendais, je faisais tout pour retarder ce moment, mais il fallait bien que j'en parle un jour ou l'autre.

Quitte à aller à Miyajima, autant faire un tour à Hiroshima aussi. Disons juste que c'est beaucoup moins amusant et magique que l'île verdoyante et son torii dans l'eau. Direction donc le musée de la paix de Hiroshima dédié au bombardement du 6 août 1945 qui a scellé le sort de plus de personnes qu'on ne le pense.


A l'entrée du musée une horloge affiche le nombre de jours depuis le bombardement et depuis le dernier essai nucléaire

Je ne vais pas faire un cours d'histoire ni décrire tout ce qu'on peut découvrir (avec horreur) dans ce musée, mais sachez que je n'étais déja pas fan des américains de base, mais que là je les aime encore moins. Je savais déja que Nagasaki n'avait été bombardée que dans le but de montrer aux russes qui se faisaient menaçants (pour les USA) que les américains avaient la plus grosse et qu'il ne fallait pas les chercher. Ce que j'ignorais par contre c'est que les américains avaient une deuxième "bonne" raison de bombarder Nagasaki : tester un autre type de bombe, comme un enfant teste un jouet. Ce que j'ignorais aussi, c'était pourquoi ils avaient choisi Hiroshima.

Pendant la guerre, Hiroshima était une des villes les plus modernes du Japon et abritait quelques installations militaires. Jusque là pas grand chose qui la distingue d'autres grandes villes japonaises. La différence c'est qu'il n'y avait pas de prisonniers de guerre. Enfin pas de prisonniers américains ou anglais. Parce que des prisonniers de guerre il y en avait : il y avait des coréens et des chinois qui étaient obligés de travailler pour le Japon. Mais bon pour les américains ce n'était sans doute pas la même chose ...

Dans la liste des villes-sans-prisonniers-de-guerre-anglophones il y avait aussi Kokura et Niigata. Sauf que le 6 août 1945 les conditions météo étaient meilleures à Hiroshima. Une bombe atomique arborant des insultes à l'encontre des japonais écrites par des soldats américains a donc explosé à 600 mètres du sol, pile dans l'axe d'un hopital (comme quoi en 60 ans ils n'ont toujours pas fait de progrès pour viser). La cible était un pont reliant la ville à une île, pont tout proche du point d'explosion, mais qui a pourtant été une des rares structures à ne pas avoir cillé. Ironique non ? En même temps après l'explosion de la bombe il n'y avait plus grand monde pour l'emprunter ce pont ...


Avant le bombardement


Après le bombardement

Je vous passe plein d'autres petits détails vraiment écouerants qu'on peut lire là bas dans les copies de documents officiels, mais croyez moi ça prend aux tripes. Mais ce n'est pas fini, ce n'est que le rez de chaussée. A l'étage on peut voir l'après-bombardement à travers photos, témoignages et objets retrouvés sur place. Notament des tenues d'écoliers en charpie, avec parfois la trace de bouts de chair calcinée.


Un volet sur lequel a ruisselée la fameuse pluie noire

Après la capitulation, des scientifiques américains sont venus voir les effets secondaires de la bombe. Ils n'étaient pas là pour soigner mais pour expérimenter. Expérimenter sur des gens qui ne comprenaient pas pourquoi, des mois après le bombardement, certains mourraient encore. Les survivant du bombardement sont appelés les hibakusha. Ces personnes ont subi des discriminations pendant longtemps car même s'ils n'étaient pas malades, leurs enfants pouvaient l'être. Ainsi des femmes ayant été irradiées par l'explosion et s'en étant sorties sans aucun dommage ont elles eu des années plus tard des enfants malformés, ayant une leucémie, ... Les hibakusha étaient donc mis sur liste noire par les agences de mariages arrangés (chose très fréquente au Japon à cette époque) car on n'était pas sûr que la descendance soit en bonne santé en se mariant à ces gens là.

Les japonais pourraient donc légitimement en vouloir aux américains pour cette tragédie, pour avoir servi de cobayes, pour avoir été humiliés et pour être encore occupés de nos jours vu qu'il subsiste quelques bases américaines. Et pourtant non, ils adorent les américains, sont fans de Disney et posent en souriant devant le monument aux morts de Hiroshima. Alors plus que ce pardon incroyable, ce que je ne comprends pas c'est que les autres pays, et je ne parle pas que de la Chine et de la Corée, en veulent toujours au Japon, ont cette idée de peuple barbare et belliqueux. Je ne vois pourtant pas de différence avec l'Allemagne nazie. Ils ont commis des atrocités et pourtant on leur a pardonné. Mais pas au Japon.

Suite à ça le Japon est devenu le seul pays au monde à ne pas avoir d'armée (offensivement parlant) et bon nombre de japonais militent encore aujourd'hui pour un monde sans arme nucléaire. Hiroshima bien entendu est une ville très engagée dans cette lutte. Ainsi, chaque fois qu'un essai nucléaire a lieu, le maire de Hiroshima envoie une lettre demandant au dirigeant du pays d'arrêter les essais et de renoncer au nucléaire. Et il y a beaucoup de lettres.


Quelques unes des lettres envoyées par le maire de Hiroshima dans les années 80

Hiroshima est donc devenue une ville symbolisant la paix dans le monde, un des symboles étant les grues en origami. La légende veut que si l'on arrive à plier 1000 grues, le voeu le plus cher sera exaucé. Ainsi Sadako Sasaki, une écolière irradiée et gravement malade, a-t-elle entrepris de plier 1000 grues en espérant guérir. Ca ne l'a pas empeché de mourir mais depuis cette anecdote, la grue en origami est devenue le symbole de la paix et on retrouve des guirlandes de grues un peu partout au Japon, notament dans les temples.


Des collégiens se recueillent devant le monument érigé à la mémoire de Sadako Sasaki



Des millions de grues du monde entier sont envoyées chaque année à Hiroshima

Autre symbole du bombardement : le genbaku dômu (dôme de la bombe), un bâtiment administratif situé non loin du point 0 et qui est resté miraculeusement debout (mais pas dans son intégralité). Les japonais ont décidé de garder cette ruine pour ne pas oublier la tragédie.


Le monument aux morts et le dôme



A part ce bâtiment, il ne restait plus grand chose debout. Il y avait notament un château féodal, comme à Himeji, qui n'a pas résisté à la puissance destructrice du souffle de la bombe. Il a été reconstruit dans les années 50.



Et pour finir sur une note légère, il y a à Hiroshima une spécialité culinaire appelée tout simplement hiroshima. C'est en fait un okonomiyaki mais avec beaucoup plus d'ingrédients. Il y a même un immeuble entier appelé Hiroshima Mura (le village des hiroshima) où on ne trouve que des restos proposant la spécialité du coin.


On mange à même la plaque chauffante

Dans le notre il y avait :
- pâte à crepe
- chou
- pousses de soja
- ciboule
- bacon
- mayonnaise
- fromage
- épices diverses
- crevettes
- oeuf
- gingembre mariné
- soba (nouilles au sarasin)
- sauce pour les yakisoba


Et c'était délicieux.

Même si je n'avais pas très faim ...

samedi 15 mars 2008

Actualité brûlante

J'interromps le programme de rediffusion pour vous parler du printemps qui est arrivé au Japon. Ca y est, il fait beau, il fait chaud, les oiseaux chantent, c'est la joie. Ben ouais, ça vous la coupe hein qu'il fasse 20°C alors que vous vous les pelez. J'ai trop envie de ressortir mes tee shirts mais j'ai trop la trouille de chopper la crève donc j'évite de tenter le diable vu la saleté que je me suis trainée pendant 3 semaines en février et je sors en pull léger (et je creve de chaud, mais la santé avant tout).

A Nara on dit que le printemps arrive après le 14 mars. Pourquoi le 14 ? Parce que c'est le dernier jour du Omizutori (puisage de l'eau), cérémonie se déroulant au Nigatsudô pendant 2 semaines. La plupart se fait en privé où les moines font des prières, ... mais tous les soirs 10 moines portent à bout de bras une lance enflammée de plusieurs mètres (et kilos) et font tomber des éteincelles sur la foule en délire (sisi elle est vraiment en délire) qui est heureuse comme tout de se prendre des éteincelles sur la trombine parce que parait il ça porte bonheur et que ça éloigne les mauvais esprits (venez pas me demander le rapport entre le puisage de l'eau et les lances enflammées, j'en ai pas la moindre idée).

La cérémonie commence à 19h et dure une vingtaine de minutes mais pour être bien placé mieux vaut y aller tôt. Je suis donc sur place à 16h20 et tue le temps en bouquinant, puis en observant la foule qui s'amasse de plus en plus à mesure que le soleil décroit.


16h30


17h30


18h55 (hiiiiiii j'aime pas la foule)

Soudain les lumières s'éteignent et là on voit poindre partout les petits points bleus des écrans de téléphones portables. Ca nous fait marrer avec les mamies qui sont à côté de moi (pour une fois que je tombe sur des vieilles sympas !). Puis les festivités commencent : un moine grimpe l'escalier à gauche, puis va brandir sa lance pour asperger la foule d'éteincelles, ensuite il traverse le balcon en courant pour brandir de l'autre côté sa lance, pendant qu'un autre moine se prépare à répéter l'opération de l'autre côté.

19h00 : plongés dans le noir, ou presque



Bon évidemment il y a eu UN moine qui a fait sa feignasse et qui n'a pas couru, et il a fallu que ça soit quand je filme. Donc pour la peine, deux videos pour le prix d'une. Non mais.





mercredi 12 mars 2008

Miyajima la paradisiaque

Après avoir passé une journée à Nara (que je vous épargne parce que bon, voilà quoi) direction Hiroshima. C'est la première fois que je vais aussi au sud du Japon et à vrai dire Hiroshima n'est pas vraiment le but. En effet, non loin de cette ville tristement célèbre se trouve une île, Miyajima, et sur cette île se trouve un des sanctuaires les plus connus du Japon, probablement le plus connu pour les étrangers. Il figure aussi dans le top 3 des plus beaux lieux du Japon. Je suis ... le sanctuaire de Itsukushima ! (j'ai plus qu'à me reconvertir dans la redaction des fiches de Questions pour un champion)

Lorsque j'ai commencé à m'interesser au Japon il y a maintenant une dizaine d'années, je fantasmais sur ce sanctuaire et surtout sur son célèbre torii dans l'eau. La première fois que j'ai vu une photo de lui il est rentré directement dans la liste des choses que je voulais voir de mes propres yeux au moins une fois dans ma vie avec la Grande Muraille de Chine ou une aurore boréale (et la liste est assez longue). J'étais donc excitée comme une puce en m'approchant de l'embarcadère du ferry qui allait nous emmener sur l'île.

Sauf que la poisse de Kôbe nous poursuit toujours et que le ferry nous part sous le nez (tout comme celui du retour). Quelques minutes plus tard nous posons enfin le pied sur l'île et nous mettons directement en route pour le sanctuaire tout proche. Sa réputation n'est pas usurpée, le sanctuaire sur pilotis est vraiment magnifique et le torii trone majestueusement au milieu de la mer, les pieds dans l'eau.


Reviens saleté de ferry !


Au loin on aperçoit le torii


Des mariés sont venus se faire photographier en grande pompe dans le sanctuaire


Et voilà le maître des lieux









Miyajima est aussi connue pour ses daims en liberté

Mais Miyajima n'a pas fini de nous enchanter. En effet, en plus d'abriter un des plus beaux sanctuaires du pays et des daims (laissez moi tranquille, j'en ai marre des daims !), l'île possède un système de téléphériques nous emmenant au point culminant (ou presque, le reste se fait à pied au milieu de quelques singes) d'où l'on a une vue imprenable sur les environs.







Nous redescendons juste à temps en prenant le dernier téléphérique et n'avons plus qu'à attendre patiemment que la mer finisse de se retirer et que le soleil se couche pour pouvoir aller prendre des photos au pied du torii. Pour tuer le temps on teste le degré de stupidité des daims du coin, et déja que les miens sont pas biens malins, mais ceux là sont encore pire ! Il suffit de lancer un caillou pour qu'ils aillent vérifier si ça ne se mange pas.





On passera sur le fait que j'ai failli me vautrer dans une flaque en glissant sur un rocher couvert de mousse (et à cause d'un chinois qui pouvait pas attendre 2 secondes que j'aie fini de passer). Vu qu'on se les pelait à mort on n'a pas eu le courage d'attendre la nuit noire, ça me fera une excuse pour revenir un jour !

vendredi 7 mars 2008

Himeji la forteresse

Aujourd'hui direction Himeji et le château qui fait sa fierté. En effet, cette forteresse tout en bois classée à l'UNESCO est un des rares châteaux du moyen âge à être resté debout après toutes les guerres ayant secoué le Japon. Par exemple son homologue de Osaka n'a pas eu cette chance et a subit le sort reservé aux forteresses prises par l'ennemi : cramé.

On peut donc déambuler dans les 6 étages du château, mais aussi dans les bâtiments annexes. Du sixième étage du château on bénéficie d'une vue imprenable sur les environs. Mais ce château n'a pas été construit pour sa vue, c'est une véritable machine de guerre. Partout on trouve des trappes permettant aux soldats de déverser sur les assaillants eau bouillante et pierres (les grands classiques quoi), mais aussi de nombreux emplacements pour ranger lances, et plus tard fusils (et croyez moi ils sont vraiment nombreux ces emplacements). Et pour le côté vicieux quelques cachettes situées dans les coins de certains étages où un soldat, ainsi invisible aux yeux des assaillants, pouvait en toute perfidie les blesser aux jambes ou à la tête via des trappes habilement dissimulées.

Au sein du château se trouve un beau jardin qui a des aspects lugubres en hiver. Ben oui, faut dire que c'est vraiment pas la meilleure saison pour visiter le Japon, il fait froid et les jardins tirent un peu la tronche, en plus le ciel nous gratifie d'une belle et épaisse couche de nuages qui daignera enfin partir au moment où nous quitterons le château. La poisse de Kôbe nous poursuivrait-elle ?


Ils sont tellement fiers de leur château qu'il figure même sur les distributeurs automatiques


La longue avenue menant au château


Les douves sont déja là alors que le château est encore loin


Le château et ses batiments annexes


Sur le papier ça donne ça


Après avoir passé les douves, on passe une grande porte pour accèder à la partie avec bâtiments


Youpi un rayon de soleil !


Un des nombreux emplacements pour les fusils


Vue du dernier étage sur l'avenue précédemment empruntée



Une des tuiles-créatures sensées protéger les châteaux du feu


C'est quand même mieux avec un peu de ciel bleu (plus qu'à revenir pour les beaux jours)

mercredi 5 mars 2008

Kobe la poisse

Pour ce premier jour, retour à Kobe. On a décidé de marcher un maximum donc on essaye en sortant de la gare de voir par quelle direction on peut acceder au mémorial du tremblement de terre. Là un gentil salaryman nous propose spontanement son aide et nous explique qu'il sait y aller en voiture mais pas à pied, que c'est loin et compliqué et qu'on ferait mieux de prendre le métro. On se rend donc au mémorial en métro.


Le quartier où a été construit le mémorial est tout nouveau, il me semble même qu'il n'existait pas avant le tremblement de terre de 1995. Des quartiers résidentiels s'égrennent le long de la mer et l'atmosphère est imprégnée de sérénité et de bien être, sensation qu'on ressent partout à Kobe. C'est vraiment une ville où il fait bon vivre.


Kobe, importante ville portuaire



Derrière la civilisation, la montagne

Direction ensuite le quartier chinois de Kobe qui doit compter la plus grosse population chinoise de la région. En ce moment est célébré le nouvel an chinois, le plus gros des activités a eu lieu la semaine précédente et aujourd'hui c'est le dernier jour pour profiter des décorations et des quelques animations proposées dans le quartier.

On arrive malheureusement un peu tard et on tombe sur la fin d'un spectacle qui a visiblement remonté toute la rue couverte. Quand on voit la foule on se dit finalement que ce n'est pas si mal de tomber sur la fin qui permet d'avoir un point de vue assez dégagé et surtout de ne pas être compressé comme une sardine parmi la foule de japonais venus admirer le dragon.



La foule a rempli la longue galerie couverte, ça fait peur !







Puis petite balade dans la ville, on se dit qu'on va aller tranquillement jusqu'au téléphérique qui donne un point de vue imprenable sur la ville et le port.


Vue sur la montagne et sur l'ancre éclairée la nuit


Non ce monsieur n'est pas en train de faire pipi contre le mur

On grimpe jusqu'à l'embarcadère, et là on voit que le téléphérique est fermé pour travaux jusque fin février ! Genre ils ne pouvaient pas prévenir avant qu'on se farcisse toutes les marches pour arriver jusque là. Déçus, on décide d'aller jusque Harbour Land à pied. C'est un peu loin mais on a le temps.

On a beau marcher depuis plus d'une heure, rien en vue, ni la grande roue, ni la tour de Kobe, ni la montagne ou la mer. On ne voit que des rues vides, quelques sanctuaires perdus et des immeubles. La nuit tombe, on marche toujours, d'après la carte on devrait être en plein dessus ! Soudain on aperçoit au loin la grande roue, elle est à plusieurs kilomètres de là !

On fait néanmoins encore confiance à la carte et on prend une rue sensée mener droit sur Harbour Land. Quelle gaffe n'avions nous pas fait là ... Résultat on se paye encore un détour à cause de cette maudite carte et c'est après des heures de marche dans le froid et la nuit que nous arrivons enfin à notre but ! Un conseil si un jour vous allez à Kobe : prenez le métro, et si vous voulez quand même tenter de marcher, ne prenez surtout pas la carte de l'office de tourisme, l'échelle est fantaisiste et la carte est complétement fausse !


La voila enfin cette foutue grande roue !



On souffle un peu en profitant de la vue reposante puis on décide d'aller manger, parce que mine de rien on a la dalle ! Qui dit Kobe dit boeuf de Kobe. Sauf que ce dernier coute les yeux de la tête, mais venir à Kobe sans manger de viande serait dommage, alors on jette notre dévolu sur un restaurant de yakiniku (viande grillée) où on prend un menu avec 2 sortes de pièces de boeuf, du foie, du poulet, du porc, de la seiche, des saucisses et plein de légumes.


J'avais tellement faim que j'aurais pu manger l'assiette à moi toute seule

*** BONUS ***


La fabrication des nikuman en direct ! (d'habitude ils lancent des boules de pâte sur la vitre pour amuser les passants et font des batailles de farine mais là il y avait trop de monde à cause du nouvel an chinois donc ça bossait sérieusement)

lundi 3 mars 2008

Come back et flashback

C'est bien connu, toutes les bonnes choses ont une fin. Les trois dernières semaines sont passées à une vitesse hallucinante et je me retrouve à nouveau seule dans ma petite chambre dans ma grande ville paumée et qui plus est sous une pluie diluvienne. Pourtant aujourd'hui c'était une journée combo : jour des filles avec le Hina matsuri et célébration au Nigatsudô, sauf qu'avec un temps pareil hors de question que je mette le nez dehors.

Du coup j'en profite pour faire un petit retour en arrière et revenir là où j'avais tout laissé en plan : le 9 février. Ce jour là il a neigé toute la journée et pas qu'un peu. Il faut savoir que je suis une fanatique inconditionnelle de la neige, je crois que je suis faite pour vivre dans la montagne sous des mètres de neige (enfin pas toute l'année quand même faut pas déconner).

Du coup niveau photos je me suis lachée, j'ai pris tout et n'importe quoi en photo, sous 50 angles différents. Pire qu'une journée de momiji. Je me suis donc retrouvée avec plus de 250 photos à trier. Heureusement que je n'ai pas eu le temps d'aller partout où je voulais aller ce jour là sinon je serais peut être arrivée à 500 photos.

Tout ça pour dire que j'ai passé un temps fou à trier et redimensionner tout ça et que je vais essayer de rattraper un peu de ce temps en ne m'attardant pas en commentaires (oui je sais c'est mal barré vu le pavé que j'ai déja écrit). De toute manière c'est Nara, rien de neuf donc, les habitués ont déja vu tout ça plusieurs fois, sauf que là c'est sous la neige.

Mine de rien la neige change vraiment tout. Il neigeait tellement qu'on n'apercevait même plus la montagne entourant la ville, ça faisait surtout bizarre dans le parc, on avait l'impression qu'il était immense (bon il l'est vraiment, mais sans les montagnes on se serait cru dans un Sahara de neige). Et les japonais étaient marrants, de vrais gosses. Ils se sont précipités dehors pour jouer dans la neige et les bonhommes de neige ont poussé partout comme des champignons, même dans la cour des poubelles du dortoir de la fac.

Déja que la neige ça m'éclate mais une tempete de neige c'est encore plus sympa. On a l'impression d'être transporté dans un monde en noir et blanc dont seules quelques couleurs arrivent à percer, notamment le rouge des sanctuaires dont on repérait les torii très facilement. Bref, trève de blabla et place aux (nombreuses) photos.

On commence avec quelques photos de la végétation qui n'a pas du aimer cette vague de froid soudaine (et pourtant de saison).


Les bambous plient sous le poids de la neige


Un pauvre palmier qui a du être bien surpris


Des camélias sous la neige


Quelques feuilles mortes sont étrangement restées accrochées aux branches

Transition toute faite avec la dernière photo qui comporte aussi des daims, partons donc sur les daims affamés en cette période où l'herbe ne pousse plus. Même s'ils avaient l'air d'apprécier moyen la neige, elle a quand même fait leur bonheur en faisant ployer les branches des arbres pourvus de feuilles.


Un festin innatendu pour nos amis les daims !


Je suis la reine des transitions foireuses, c'est parti pour les bonhommes de neige et autres jeux d'hiver.



Petits et grands se pretent au jeu du bonhomme de neige


Des lycéens tentent de construire un igloo


Un bonhomme de neige géant de près d'un mètre cinquante


L'inévitable bataille de boules de neige (remarquez l'habile système de défense du double parapluie)


Un étrange gardien a fait son apparition sur le pont du Ukimidô

Vous avez dit Ukimidô ? J'ai ça en stock.




Toi aussi joue au jeu des 7 erreurs !

Les flocons de neige se déposant sur la surface tranquille de l'étang commencent à en geler la surface. D'ailleurs en parlant d'eau ...



Si ça rentre dans la catégorie de l'eau, y'a une rivière au bas des rochers !



Un héron se les gèle au pied d'un torii

Ah les torii et les sanctuaires qu'ils annoncent ...






Les lanternes de pierre du sanctuaire de Hachiman

La neige n'épargne pas la pierre. Rien n'y échappe, ni les lanternes, ni les tombes, ni les escaliers.









Les tombes du Nigatsudô

Le Nigatsudô et autres temples ont aussi revêtu leur manteau de neige.


Le Nigatsudô donc ...



On apercoit à peine le Tôdaji pourtant si proche !


En parlant du loup ... Le mon du Tôdaiji






Et enfin le Kofukuji


*** BONUS ***


Ma fac sous la neige a des allures de chalet suisse.



Et comme promis des photos de la soirée de fin d'année. Bien entendu je n'ai pas revêtu le kimono toute seule, Midori s'est chargée de tout ça, aidée par une autre étudiante pour le obi qui représente la partie la plus technique.



Avec Midori, ma tutrice


La photo qui a fait rire tout le monde : la plus petite à côté de la plus grande


Le obi


Un grand bravo à Midori qui a su dompter mes cheveux en un temps record !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Maintenant faut que je trie les centaines de photos prises ces dernières semaines, c'est pas gagné !