Si vous demandez à un japonais de vous donner les sanctuaires les plus connus du Japon, nul doute qu'il vous citera le sanctuaire de Ise. Et pour cause, c'est le plus grand sanctuaire du Japon. Dédié à la déesse du soleil Amaterasu, la déesse de laquelle les empereurs sont censés descendre, le sanctuaire comporte des dizaines de mini sanctuaires dédiés à d'autres dieux. Le sanctuaire est donc devenu un lieu de pélerinage pour tous les shintoïstes, certains allant même jusqu'à faire une prière dans chacun des mini sanctuaires.

Outre le fait d'être le plus grand du Japon, ce sanctuaire comporte encore bien des particularités. En effet il abrite le Yata no kagami, le miroir sacré faisant partie des trois attributs de l'empereur avec le Kusanagi (un sabre) et le Yasakani no magatama (une pierre magique). Il est aussi séparé en deux parties, le Geku (partie extérieure) et le Naiku (partie intérieure) séparées de 6 kms.

Mais la plus grande particularité du sanctuaire de Ise réside dans son respect de la tradition shintô qui veut qu'un sanctuaire soit reconstruit tous les 20 ans. Ainsi en 1993, et ce pour la 61ème fois, tous les sanctuaires du complexe ont été détruits et reconstruits. Pour se faire chaque sanctuaire dispose à côté de lui d'un site vierge qui servira de terrain pour reconstruire le sanctuaire.

Comme c'est un sanctuaire extrémement sacré, on ne peut bien souvent pas s'approcher des bâtiments où vivent les dieux, et on ne peut bien sûr prendre des photos que de loin.


Le pont Uji marquant l'entrée du Naiku



Les pélerins se lavent les mains dans la rivière Isuzu avant de visiter les dieux



Derrière la palissade on aperçoit un petit bout de toit entouré d'arbres centenaires


Un sanctuaire et son terrain vierge à droite


En 1993, avant la destruction du doublon

Autre particularité de Ise, les Akafuku (bonheur rouge). Cette patisserie à base de mochi et de pâte de haricot rouge est célèbre dans le pays entier et est associée au pélerinage de Ise. En 1707, alors qu'à cette époque chaque année un cinquième de la population effectuait le pélerinage vers le sanctuaire de Ise, un homme appelé Jihee Hamada eut l'idée de créer un salon de thé pour réconforter les pelerins qui avaient marché pendant des jours entiers et qui arrivaient épuisés au sanctuaire.

300 ans plus tard les Akafuku génèrent un chiffre d'affaire annuel de 70 millions d'euros et les japonais se bousculent pour acheter plusieurs boîtes à ramener comme cadeau à la famille et aux amis. En octobre dernier un scandale concernant les Akafuku a ébranlé le Japon. Certains ingrédients étaient congelés (alors que tout est censé être frais) et les dates de peremption étaient falsifiées. Il faut dire que les dates sont très courtes au Japon et qu'il faut consommer les Akafuku dans les deux jours. Quoi qu'il en soit, ça a été vécu comme un véritable drame national (et je n'exagère pas).


Le quartier commerçant situé à côté du Naiku


Malgré le scandale, les Akafuku se vendent comme des petits pains


La célèbre boîte rose et sa date de péremption ultra courte


Les Akafuku et leur indispensable spatule