En ce moment au Japon c'est la Golden Week. La fameuse semaine où les jours fériés s'enchainent et où tous les japonais vont prendre leurs vacances en même temps. Alors forcément, tous les lieux touristiques sont pris d'assaut, et comme Nara est la deuxième ville la plus touristique de la région après Kyôto, on attend du monde. En même temps je vois pas trop de différence avec un week end normal : c'est toujours autant bondé. Déja que ces derniers temps on était envahis par les touristes étrangers, nous voilà envahis par une horde de touristes japonais maintenant. Youpi.

Parait que même si on veut quitter le pays pour aller en Chine ou en Corée les avions sont bondés. En plus d'envahir leur propre pays, ils envahissent aussi les autres, et l'Europe n'est pas en reste d'ailleurs. Bref, à moins de vouloir prendre un bain de foule, la Golden Week il vaut mieux la passer chez soi. Midori a d'ailleurs qualifié mon choix de "sage" quand je lui ai dit que cette foutue semaine à la noix me foutait la trouille et que j'avais décidé de rester tranquille dans ma chambre.

Mais bon il faisait super beau hier (et chaud) et j'avais envie de manger des takoyaki et de tester les pousses de bambou fraiches. N'écoutant que mon estomac courage, je suis donc sortie de mon trou (et ai remercié le dieu de la météo d'avoir programmé un temps pas terrible la veille parce que défiler sous un soleil de plomb ça aurait été vraiment inhumain). Alors déja, dans le parc, plein de monde, et je vous parle même pas de la foule au Tôdaiji.


Dis monsieur t'as pas chaud habillé comme ça ?




Crevant de chaud et n'étant pas fan de la foule, je me dirigeais vers le parc pour trouver un coin peinard à l'ombre pour bouquiner quand je me suis souvenu qu'il se tenait en ce moment même le festival de la glycine dans l'enceinte du Kasuga Taisha. Comme ça j'ai éliminé les familles avec enfants et les touristes étrangers, ce qui fait pas mal de monde au final. J'ai fait d'une pierre deux oiseaux, comme on dit ici.


*** APARTE ***


Pour les âmes sensibles, j'ai traduit ce qui suit en mode poli, parce qu'en vrai j'ai été beaucoup plus grossière.

A l'instant où j'écris ces lignes, une saloperie de scolopendre a surgit de sous mon lit-futon pour se balader tranquillement à 30 centimètres de moi sur le mur. Alors j'aimerais bien qu'on m'explique comment ce truc a fait pour rentrer dans ma chambre alors que j'ai une moustiquaire censée empecher toute intrusion de ce genre. Et bon sang depuis quand c'est là ? Parce que si on se fait piquer ça nous colle la fièvre pendant deux jours, et puis bon surtout JE DETESTE LES INSECTES ! Rien que d'imaginer que ce mille pattes flippant a pu zig zaguer sur moi pendant que je dormais ... Et pourquoi faut il toujours que les insectes se ramènent juste à côté de moi quand je suis dans mon lit ? (non ce n'est pas parce que je passe ma vie dans mon lit).


Rien que de le voir en photo j'en ai des frissons

Alors comme à mon habitude avec les gros machins, je suis restée 5 bonnes minutes à le fixer bêtement pendant qu'il se dandinait peinard sur le mur. Puis ma non-envie de collocation avec ce machin a été plus forte que ma trouille et j'ai essayé de le faire glisser sur un bout de carton. Sauf que cet abruti voulait pas grimper dessus en entier. Puis il s'est arrêté de bouger, alors j'ai cru qu'il était mort. J'ai même tapoté partout autour de lui et il bronchait pas (rigolez pas, j'ai déja eu une énorme araignée qui est venue mourir pile au dessus de l'échelle de mon lit mezzanine. Résultat j'ai dormi sur l'espèce de coin coussin large de 50 cm pendant 3 jours en attendant qu'une âme charitable vienne la virer).

Je suis allée prendre une douche pour me remettre les idées en place et en revenant le bidule se dandinait à nouveau comme si de rien n'était. J'ai filé fissa chercher l'aspi à côté (pour une fois je suis heureuse de vivre à côté de la buanderie) et j'ai aspiré cette saleté. Bon alors forcément je ne vais pas oser toucher à l'aspirateur pendant quelques semaines de peur qu'il remonte du sac, et je ne vais pas dormir pendant 3 jours en voyant des ombres d'insectes gigoter partout. Trop cool. Et si je vivais la fenêtre fermée ?


*** FIN DE L'APARTE ***


Bon j'en étais où ? Ah oui le jardin. Donc sur le papier ça disait "plus de 200 pieds de glycine", alors comme j'avais rien de mieux à faire et que mine de rien dans les bois il fait sacrément moins chaud, je suis allée voir les glycines (mon tee shirt vient de légérement tomber sur mon ventre et j'ai eu la trouille de ma vie, je suis partie pour des cauchemars cette nuit). Alors il faut savoir deux choses : comme d'habitude il n'y a pas QUE des glycines, et les glycines c'est super chiant à prendre en photo (comprendre "je m'y suis prise comme un manche").


Entrée du jardin





Même au printemps je kiffe vraiment, les érables c'est formidable !



















*** DOUBLE BONUS ***



Le ichi no torii (le torii mité du Kasuga Taisha qui avait disparu fin d'année dernière) est de retour !


Dans les rizières (bon ok là ils ont planté du blé dedans mais on va pas chipoter), les grenouilles sont nombreuses. Il n'est pas rare d'en voir sauter quand on passe à proximité d'une rizière. Elles ont beau être toutes petites, elles sont super bruyantes. Pas moyen de les localiser cette fois, donc ne cherchez pas du mouvement sur la vidéo, c'est juste pour le chant des grenouilles que je l'ai prise.



Je viens de voir bouger un truc là, j'en suis sûre ! Ah nan, c'est juste l'ombre du cable d'alimentation de l'ordinateur.

C'est pas gagné ...