mardi 6 mai 2008

Le jour des carpes

Le 5 mai au Japon, c'est le jour des enfants, et plus particulièrement des garçons (les filles ayant déja eu leur jour avec le hina matsuri le 3 mars). Ce jour compte 3 symboles : le kabuto (casque militaire traditionnel), le kintaro (héros de légende chevauchant une carpe) et les carpes justement. Tous ces objets symbolisent le courage, la persévérance et la bonne santé.

Alors vous me direz "le casque OK, le héros OK, mais la carpe qu'est ce que ça a de courageux, y'a pas plus con qu'une carpe". Ce en quoi vous n'aurez pas tort. Mais une légende chinoise dit qu'une carpe courageuse aurait remonté avec bravoure le courant d'un fleuve. Pour la récompenser de son acte courageux, les dieux l'auraient transformée en dragon, ce qui est nettement plus classe. Et voilà comment un poisson crétin qui ne pense qu'à bouffer est devenu le symbole du courage et de la persévérance.

Pour la fête des enfants donc, les familles ayant au moins un garçon accrochent des carpes dehors, c'est ce qu'on appelle le koi nobori. Pour un garçon il y en a 3, et on rajoute une carpe à chaque garçon supplémentaire. Alors forcément plus on va dans la campagne et plus les carpes sont grosses, car plus de place.


Carpes des villes


Carpes des champs

En plus des carpes personnelles, on retrouve aussi parfois des dizaines de carpes suspendues, le plus souvent au niveau des rivières. Là les gens viennent pique niquer en famille et les enfants essayent de pêcher des poissons dans la rivière.

Hier, après avoir été réveillée plusieurs fois en sursaut, pensant sentir un scolopendre escalader mon corps, je suis allée au bord de la Akutagawa à Takatsuki, où ils avaient suspendu près de 1000 carpes. Malheureusement le dieu de la météo, qui doit être pote avec le dieu des insectes qui n'a pas du apprécier que j'aspire une de ses créatures, a décidé de se venger et de recouvrir la région d'une épaisse couche de nuages grisatres.









Aujourd'hui par contre c'était le retour du grand et beau ciel bleu. Direction la Yamatogawa à Kashiwara pour une petite centaine de carpes. Certes moins impressionnant que la veille, mais le beau temps étant de la partie, c'était beaucoup plus sympa. En plus les carpes étaient moins emmelées que celles de Takatsuki et volaient donc mieux quand il y avait un coup de vent.









vendredi 18 avril 2008

Kyôto la nocturne

Alors évidemment il suffit que je dise qu'un temps quasi estival s'est installé sur le Japon pour qu'on se récolte aussitôt une pluie diluvienne digne de la saison des pluies ... Je crois que le dieu de la météo a vraiment une dent contre moi.

En attendant le retour des beaux jours, retournons au mois de février et à Kyôto (difficile de se dire qu'il y a moins de deux mois il faisait aussi froid alors que j'entends déja les grillons chanter). Retournons exactement au 21 février 2008, jour du marché au temple de Tôji.

Le temple est situé la station avant le terminus de la gare de Kyôto, sur le plan ça n'a pas l'air loin, allons y à pied ! Forcément tout le monde a déja compris que c'était une très mauvaise idée, mais elle ne venait pas de moi, je voulais prendre le train ! (il faisait froid et j'avais la crève, je le rappelle). Il faut savoir que la gare de Kyôto est très chiante à contourner et qu'au lieu de simplement longer les bâtiments, on est obligé de suivre la route qui s'en éloigne beaucoup. Bon le pire c'est que la dernière fois que je suis allée voir les sakura je m'étais planté de sortie et comme une couillonne je me suis dit "bah je vais faire le tour de la gare". Je crois que là j'ai VRAIMENT compris qu'il ne faut jamais faire ça.

Bref, revenons au temple de Tôji, là où tous les 21 du mois se tient un marché en l'honneur d'un célèbre moine bouddhiste. Rien de plus à dire, j'aime bien l'ambiance de ce marché où se côtoient antiquités, nourriture (forcément), objets neufs, kimonos d'occasion et personnes venues prier au milieu de la foule.



Une aigrette qui ne semble pas perturbée par le brouhaha ambiant




Prière dans le sanctuaire du temple




Magie de l'ellipse narrative, il fait maintenant nuit à Kyôto. Si vous voulez tout savoir on a fait un tour dans un Book Off (librairie d'occasion pas chère) et on a du aller à la poste direct pour envoyer 30 kg de mangas d'occaz par bâteau, et ramener quelques autres kilos à l'hôtel. On arrive donc vers le quartier de Gion alors que la nuit s'apprête à tomber, et comme Gion c'est mieux de nuit, on attend qu'il fasse nuit justement.

Gion c'est ce quartier ultra célèbre de Kyôto, là où il y a de vieilles baraques en bois et où on peut parfois croiser des geisha. De jour je trouve le quartier un peu tristouille, je préfère l'ambiance de nuit plus calme (les touristes sont partis) et plus chaleureuse avec la lumière des lampions. En parlant de geisha, il s'avère qu'on en a croisé ce soir là, un wagon plein même.


Sous les ponts on cache la misère


Guirlandes de grues en origami



Parce qu'il n'y a pas que des baraques à Gion ...





On se baladait tranquillement quand on a aperçu devant un restaurant un attroupement, principalement des étrangers (dont une française insupportable). Un taxi vient fendre la foule, et sous les flashes on voit sortir quelques geishadu restaurant. La française les mitraille dans tous les sens, se tient à quelques centimètres de leur visage, leur met bien son flash dans les yeux, ... Elles, elles restent impassibles, essayant de rentrer le plus rapidement possible dans le taxi, mais on sent quand même une légère lassitude d'être prises pour des bêtes de foire alors qu'elles aimeraient juste faire leur boulot tranquilles.

Parce que le problème, c'est qu'à Kyôto il y a plein de fausses geisha qui se baladent. Plusieurs boutiques proposent d'habiller et de maquiller les jeunes filles en geisha et ces jeunes filles vont ensuite se pavaner dans les coins touristiques de Kyôto pour se faire prendre en photo par les touristes, posant en souriant devant les monuments. Sauf qu'une geisha n'est pas un mannequin et a encore moins le temps de faire du tourisme. La formation de geisha est très longue et très contraignante et c'est vraiment un boulot difficile.

Donc à longueur de journée les touristes ont vu ces japonaises déguisées et les mitraillent en pensant que ce sont des vraies, et le soir venu, quand ils en croisent des vraies (sans le savoir), ils pensent qu'elles seront ravies de poser pour eux. Je sais pas moi, c'est comme si vous croisiez une meneuse de revue dans la rue et que vous vous attendiez à ce qu'elle sorte ses plumes pour poser pour vous devant la tour Eiffel.

Laissons de côté les geisha et Gion pour aller au sanctuaire de Yasaka, celui qu'on appelle le protecteur de Gion, pour prendre quelques photos nocturnes.










*** BONUS ***


La réponse au jeu mystère du chateau de Nijô.


mardi 15 avril 2008

Kyôto l'impériale (et shogunale)

Ca y est, c'est déja l'été au Japon : les boissons chaudes dans les distributeurs ont cédé la place aux boissons rafraichissantes (adieu petite soupe de maïs chérie, heureuse de te revoir Calpis adoré) et dehors on est déja écrasés par la moiteur, même s'il ne fait que 20°C (ça promet pour dans quelques mois ...). Et j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi il fait toujours un temps pourri quand on a du temps libre et que le temps est resplendissant quand on est en cours !

Bref, après cet intermède estival, revenons au froid de février et à Kyôtô qui est restée capitale impériale pendant des siècles, ce qui explique sa richesse historique (pas de tremblements de terre ou de bombardements pour tout détruire, ouf !). Aujourd'hui nous nous concentrerons sur le château de Nijô construit au début du 17ème siècle pour devenir la résidence officielle du shôgun et classé à l'UNESCO.





Alors certes le château de Nijô est beaucoup moins impressionnant que celui de Himeji, mais il n'empêche que je préfère quand même celui de Nijô pour deux choses : son parquet et son intérieur très bien conservé. Malheureusement, pour ne pas détériorer les fresques, on ne peut prendre de photos à l'intérieur, j'ai donc du photographier comme je pouvais mon bouquin, donc c'est un peu beaucoup flou et cadré n'importe comment (de toute manière si vous êtes pas contents z'avez qu'à venir le voir vous même d'abord).





Et le parquet me direz vous ? Il est un peu particulier à vrai dire ... C'est ce qu'on appelle un parquet rossignol : quand on marche dessus, il fait "piou piou" (véridique !). Ce parquet servait à prévenir l'intrusion d'individus aux mauvaises intentions (les habitants n'avaient pas interet à avoir une envie pressante en pleine nuit au risque de se faire trucider par la garde !)

Le château est entouré d'un magnifique jardin, le ninomaru. Malheureusement en hiver l'herbe est un peu jaune, je suis donc allée deterrer de vieilles photos prises en été pour que vous voyiez à quoi ressemble le jardin quand il est au mieux de sa forme.




Bon ça c'est pas le ninomaru mais on va pas chipoter




Jeu bonus : mais qu'est ce donc que ces machins ?


Verdure estivale


Et pour finir, un petit temple perdu dans les ruelles de la galerie commerçante Teramachi.




samedi 5 avril 2008

La plaine de la désolation

Aujourd'hui donc direction Yoshino à 1h45 de Nara en train. Arrivée sur place, je trouve qu'il y a moins de monde que la veille à Himeji, et ça c'est pas bon signe, surtout pour un lieu super réputé, classé à l'UNESCO et tout et tout. Je me dirige quand même vers le Nyoirinji, un temple en hauteur duquel je devrais avoir une belle vue sur la vallée.


Le temple de Nyoirin






Yoshino signifie littéralement "la plaine du bonheur" sauf que là c'est plutot "la plaine du néant". Comme certains le craignaient, la canicule de l'été dernier a grillé les sakura et ceux de Yoshino ont malheureusement payé le prix fort, les dégats sont énormes et au lieu d'avoir une vallée rose, on a une vallée marron, ce qui est, il faut bien l'avouer, nettement moins sympa.


Tout ce qui n'est pas vert devrait être rose



Je quitte donc Yoshino super déçue, ça fait vraiment mal au coeur de voir tous ces pauvres arbres brûlés et de se dire "qu'est ce que ça serait beau s'ils étaient en fleur". Heureusement en chemin j'ai repéré un petit chateau sur la ligne de chemin de fer, je décide donc de m'arrêter à Kooriyama.


Là au moins il y a du sakura en veux tu en voilà, et des stands de bouffe partout (on se console comme on peut). Ca pique nique dans tous les sens, certains sont même ultra organisés avec des tables, des réchauds, ... Le chateau n'est pas extraordinaire mais le parc est magnifique et l'ambiance bon enfant. Les gens sont venus entre amis, collègues ou en famille et l'alcool coule à foison (oui il faut le dire, le hanami est une bonne excuse pour picoler).







Les banana choco sont de retour !





Le château de Kooriyama







Le summum de l'organisation : un grill



*** BONUS ***


Et en bonus ma fac en cette période éphémère (les sakura blancs commencent déja à perdre leurs pétales)




Le sakura de la cour de la résidence


Vue de mon étage

vendredi 4 avril 2008

Hanami

Mercredi Midori m'avait invitée à venir à un hanami avec quelques unes de ses amies. Hanami désigne le fait de voir les fleurs de sakura, et plus généralement le fait de faire un pique nique au pied des sakura. Les japonais sont férus de piques niques et adorant les sakura, ils vont donc se battre pendant les quelques jours où les arbres restent en fleur pour avoir la meilleure place sous les arbres.

Pour nous pas besoin de se battre puisque nous étions en pleine semaine. Nous sommes donc allées au bord d'une rivière bordée sur plusieurs kilomètres de sakura en majorité blanc. D'ailleurs Midori m'a confirmé que les roses étaient plus tardifs et devraient être en fleur la semaine prochaine. De toute manière je préfère les blancs.




Après cet agréable pique nique nous sommes allées chez Midori et y avons passé la soirée, ou devrais je dire la nuit, puisque ça s'est fini à 2h30 du matin. Une des filles avait amené la wii familiale et nous avons testé de nombreux sports : tennis, bowling, boxe, base ball et surtout le ski à bosses, praticable grace à la balance sans fil wii fit. Nous avions l'air bien ridicules à nous dandiner sur la balance pour essayer d'enchainer les figures acrobatiques, ce qui a déclenché quelques fou rires.

Pour l'occasion les filles ont fait un Mii à mon image. Il était amusant de voir les différences de perception, notament au niveau des couleurs : elles m'avaient mis au début les cheveux blonds car pour elles, un japonais a les cheveux bruns et non pas noirs, alors forcément moi qui suis brune, je me retrouve en blonde. Et après m'avoir demandé de confirmer que mes yeux étaient bien marrons, elles m'ont mis des yeux verts (j'ai pas tout compris sur ce coup).


Donc après tout ce sport jusque tard dans la nuit, j'étais un peu claquée et je n'avais pas trop le courage de me bouger jusque Kyôto pour aller voir la cérémonie au Kiyomizudera. Surtout que le grand ciel bleu que la météo annonçait ressemblait plutot à un grand ciel gris, donc pour le coup je suis restée chez moi à comater.

Aujourd'hui la météo nous a refait le coup du "grand ciel bleu mais qui est en fait gris" mais tant pis, je retrouve Capucine à Kobe pour aller au chateau de Himeji que je ne verrai décidemment jamais sous un ciel bleu. Ben oui c'est ballot quand même, un chateau blanc et des sakura blancs, ça ressort moyen sur un ciel blanc. Faudra faire avec malheureusement ...










Demain dernier jour de "grand ciel bleu" pour les jours à venir, après c'est au mieux ciel couvert, au pire pluie, donc vu la tronche du grand ciel bleu en ce moment, je crains le pire pour les prochains jours. C'est pourquoi je vais me risquer à aller à Yoshino, un des endroits les plus réputés du Japon pour admirer les sakura et connu pour être blindé de monde, même en semaine. Et demain on est samedi ... Donc si vous me revoyez pas demain c'est que je me suis faite écraser par une horde de vieux.

Ou que je suis en prison pour en avoir liquidé un ou deux sous le coup de l'énervement.