mercredi 7 mai 2008

Le maître des remèdes

Aujourd'hui je suis allée après les cours au temple Yakushiji dédié à la divinité bouddhiste Yakushi Nyorai (spécialisée dans la médecine, Yakushi signifie littéralement "maître des médicaments"). Ce temple a été bati au 8ème siècle alors que le bouddhisme était une religion fraichement arrivée au Japon. Comme souvent, le temple a subi de lourds dégats et seule la pagode Est est d'origine. Celà n'empêche pas le temple, un des plus célèbres de Nara, d'être classé à l'UNESCO.





Les gardiens Agyo ...


... et Ungyo









La pagode Est


La pagode Ouest





On ne se moque pas de mon montage foireux

Après une période où le Shintô et le Bouddhisme étaient en concurrence, les deux religions ont cohabité pacifiquement et les japonais devinrent libres de croire aux deux en même temps si ça les chantait. Pour renforcer cette symbiose, des temples ont été construits près des sanctuaires (ou dans l'enceinte même) pour protéger les divinités Shintô des sanctuaires et vice versa. On trouve donc 2 sanctuaires collés au Yakushiji et 3 divinités qui ont élu domicile dans l'enceinte du temple.


Deux des trois "résidences" divines du Yakushiji


Un des deux sanctuaires collés au temple


Et voici le second

Tout près du Yakushiji se trouve le Toshodaiji, un autre temple très célèbre de Nara. Malheureusement il est en cours de restauration et les principaux bâtiments sous recouverts de bâches, j'ai donc rebroussé chemin et suis partie en direction du Ooike, un étang en hauteur offrant une vue sur le Yakushiji.


*** BONUS ***


Les villes japonaises sont connues pour ne pas avoir d'affichage des noms de rue, hormis pour les artères principales des grandes villes. La question est, mais comment est-on censé s'y retrouver dans ce dédale de ruelles ? La réponse en image : chaque paté de maison ou quartier possède une carte où sont inscrits les noms de famille des habitants ou les noms des magasins. Et après on s'étonne que je me paume tout le temps ...


Si deux personnes portent le même nom, comment on fait ?

dimanche 4 mai 2008

Le jardin aux milles glycines

En ce moment au Japon c'est la Golden Week. La fameuse semaine où les jours fériés s'enchainent et où tous les japonais vont prendre leurs vacances en même temps. Alors forcément, tous les lieux touristiques sont pris d'assaut, et comme Nara est la deuxième ville la plus touristique de la région après Kyôto, on attend du monde. En même temps je vois pas trop de différence avec un week end normal : c'est toujours autant bondé. Déja que ces derniers temps on était envahis par les touristes étrangers, nous voilà envahis par une horde de touristes japonais maintenant. Youpi.

Parait que même si on veut quitter le pays pour aller en Chine ou en Corée les avions sont bondés. En plus d'envahir leur propre pays, ils envahissent aussi les autres, et l'Europe n'est pas en reste d'ailleurs. Bref, à moins de vouloir prendre un bain de foule, la Golden Week il vaut mieux la passer chez soi. Midori a d'ailleurs qualifié mon choix de "sage" quand je lui ai dit que cette foutue semaine à la noix me foutait la trouille et que j'avais décidé de rester tranquille dans ma chambre.

Mais bon il faisait super beau hier (et chaud) et j'avais envie de manger des takoyaki et de tester les pousses de bambou fraiches. N'écoutant que mon estomac courage, je suis donc sortie de mon trou (et ai remercié le dieu de la météo d'avoir programmé un temps pas terrible la veille parce que défiler sous un soleil de plomb ça aurait été vraiment inhumain). Alors déja, dans le parc, plein de monde, et je vous parle même pas de la foule au Tôdaiji.


Dis monsieur t'as pas chaud habillé comme ça ?




Crevant de chaud et n'étant pas fan de la foule, je me dirigeais vers le parc pour trouver un coin peinard à l'ombre pour bouquiner quand je me suis souvenu qu'il se tenait en ce moment même le festival de la glycine dans l'enceinte du Kasuga Taisha. Comme ça j'ai éliminé les familles avec enfants et les touristes étrangers, ce qui fait pas mal de monde au final. J'ai fait d'une pierre deux oiseaux, comme on dit ici.


*** APARTE ***


Pour les âmes sensibles, j'ai traduit ce qui suit en mode poli, parce qu'en vrai j'ai été beaucoup plus grossière.

A l'instant où j'écris ces lignes, une saloperie de scolopendre a surgit de sous mon lit-futon pour se balader tranquillement à 30 centimètres de moi sur le mur. Alors j'aimerais bien qu'on m'explique comment ce truc a fait pour rentrer dans ma chambre alors que j'ai une moustiquaire censée empecher toute intrusion de ce genre. Et bon sang depuis quand c'est là ? Parce que si on se fait piquer ça nous colle la fièvre pendant deux jours, et puis bon surtout JE DETESTE LES INSECTES ! Rien que d'imaginer que ce mille pattes flippant a pu zig zaguer sur moi pendant que je dormais ... Et pourquoi faut il toujours que les insectes se ramènent juste à côté de moi quand je suis dans mon lit ? (non ce n'est pas parce que je passe ma vie dans mon lit).


Rien que de le voir en photo j'en ai des frissons

Alors comme à mon habitude avec les gros machins, je suis restée 5 bonnes minutes à le fixer bêtement pendant qu'il se dandinait peinard sur le mur. Puis ma non-envie de collocation avec ce machin a été plus forte que ma trouille et j'ai essayé de le faire glisser sur un bout de carton. Sauf que cet abruti voulait pas grimper dessus en entier. Puis il s'est arrêté de bouger, alors j'ai cru qu'il était mort. J'ai même tapoté partout autour de lui et il bronchait pas (rigolez pas, j'ai déja eu une énorme araignée qui est venue mourir pile au dessus de l'échelle de mon lit mezzanine. Résultat j'ai dormi sur l'espèce de coin coussin large de 50 cm pendant 3 jours en attendant qu'une âme charitable vienne la virer).

Je suis allée prendre une douche pour me remettre les idées en place et en revenant le bidule se dandinait à nouveau comme si de rien n'était. J'ai filé fissa chercher l'aspi à côté (pour une fois je suis heureuse de vivre à côté de la buanderie) et j'ai aspiré cette saleté. Bon alors forcément je ne vais pas oser toucher à l'aspirateur pendant quelques semaines de peur qu'il remonte du sac, et je ne vais pas dormir pendant 3 jours en voyant des ombres d'insectes gigoter partout. Trop cool. Et si je vivais la fenêtre fermée ?


*** FIN DE L'APARTE ***


Bon j'en étais où ? Ah oui le jardin. Donc sur le papier ça disait "plus de 200 pieds de glycine", alors comme j'avais rien de mieux à faire et que mine de rien dans les bois il fait sacrément moins chaud, je suis allée voir les glycines (mon tee shirt vient de légérement tomber sur mon ventre et j'ai eu la trouille de ma vie, je suis partie pour des cauchemars cette nuit). Alors il faut savoir deux choses : comme d'habitude il n'y a pas QUE des glycines, et les glycines c'est super chiant à prendre en photo (comprendre "je m'y suis prise comme un manche").


Entrée du jardin





Même au printemps je kiffe vraiment, les érables c'est formidable !



















*** DOUBLE BONUS ***



Le ichi no torii (le torii mité du Kasuga Taisha qui avait disparu fin d'année dernière) est de retour !


Dans les rizières (bon ok là ils ont planté du blé dedans mais on va pas chipoter), les grenouilles sont nombreuses. Il n'est pas rare d'en voir sauter quand on passe à proximité d'une rizière. Elles ont beau être toutes petites, elles sont super bruyantes. Pas moyen de les localiser cette fois, donc ne cherchez pas du mouvement sur la vidéo, c'est juste pour le chant des grenouilles que je l'ai prise.



Je viens de voir bouger un truc là, j'en suis sûre ! Ah nan, c'est juste l'ombre du cable d'alimentation de l'ordinateur.

C'est pas gagné ...

samedi 3 mai 2008

Shômusai

Au 8ème siècle, l'empereur Shômu, fervent partisan du bouddhisme qui est venu de Chine il y a peu, a fait construire le Tôdaiji qui abrite le Grand Bouddha de Nara. C'est pourquoi le 2 mai de chaque année, une cérémonie est tenue au Tôdaiji en l'honneur de l'empereur Shômu : le Shômutennôsai, ou Shômusai. Au programme un défilé en costumes et une prière au pied du Grand Bouddha.

Je n'ai malheureusement pas de photos du festival et ce pour une bonne raison : j'ai eu l'énorme chance de pouvoir participer au défilé. Il n'est déja pas facile pour les japonais de participer à ce genre d'événement, et donc encore moins pour une étrangère. Je me dois donc de remercier Mme Fujima, professeur de danse traditionnelle et une des préparatrices du défilé, Okada, une habituée des défilés en costumes et élève de Mme Fujima et Midori qui connait Okada.

Pas de photos du festival en lui même donc, mais des photos des coulisses du défilé. Tout commence à 9h hier, rendez vous devant la fac avec Midori pour se rendre au Tôdaiji. Comme nous sommes un peu en avance, Midori me montre une annexe du Tôdaiji qui n'est ouverte qu'une fois par an, à l'occasion du festival. Puis nous retrouvons les autres et partons pour quelques heures de préparatifs.


Le Tôdaiji et ses environs sont décorés de drapeaux



ban, drapeau utilisé dans les festivals



L'annexe visible une fois par an


Au départ, 10 jeunes filles ordinaires. La mission des 5 préparatrices est de les transformer en 3h en Monomôde onna ou hime sama, des artistes traditionnelles. Première étape : le maquillage. Plusieurs couches de cosmétiques sont passés sur le visage pour le blanchir, un peu de rouge sur les paupières et du mascara. Puis on nous met un kimono, sous lequel il y a deux sous kimonos.



Non je ne suis pas morte

Vient ensuite la coiffure : cheveux bien tirés en arrière et ajout d'une longue mèche de cheveux pour les rallonger. Les cheveux sont ensuite entourés d'une bande de papier elle même entourée d'une décoration en papier.



Ensuite on finalise le costume : on nous passe un lourd costume et on nous entoure les épaules d'une ceinture.



Après cette étape vient la pause déjeuner, que j'ai renommée "pause de l'angoisse". Vêtues de magnifiques costumes qui doivent de plus coûter très cher, il faut manger sans faire de tâches. Et ce n'est pas si évident que ça quand on porte quelques kilos de vêtements qui rendent les mouvements un peu plus compliqués. Malgré un moment de panique (un morceau de nourriture s'est échappé et a été retenu in extremis à mon menton), il n'y a pas eu de catastrophe.

On peut alors passer à la finalisation du maquillage : rouge à lèvres et noir sur les paupières. Puis on nous passe le kasa, chapeau à voile que je craignais lourd mais qui était en fait assez léger.




Photo du groupe habillé de main de maitre par Mme Fujima



Chaussées de nos sandales (forcément trop petites pour mes grands pieds qui ont souffert le martyre), nous sortons du bâtiment pour nous rendre au point de départ du défilé. Le temps est gris, on sent qu'il peut pleuvoir d'une minute à l'autre, et une brise fraiche souffle dans nos chapeaux que l'on doit retenir pour qu'ils ne s'envolent pas. Moi qui déplorais le temps frais ce matin, j'en suis finalement plus que satisfaite vu comme je crève de chaud sous mes 4 couches de vêtements.




Avec Midori et Okada

Vient le moment du défilé, nous devons marcher en ligne jusqu'au Tôdaiji, fort heureusement très proche du point de départ. Etant la plus grande, je suis placée en dernière et peste souvent contre la fille devant moi qui prend souvent du retard sur le reste du groupe parce qu'elle est plus occupée à poser pour son copain qu'à suivre le rythme. Elle se fait d'ailleurs rappeler à l'ordre quelques fois par une des préparatrice qui l'oblige alors à sprinter pour rattraper le groupe. Et marcher vite avec ces sandales trop petites et ce costume qui ne permet pas de mouvements amples, c'est vraiment pas coton. Autre obstacle : les marches. Descendre ça va, mais monter c'est beaucoup plus compliqué.

Arrivées au Tôdaiji, nous allons nous asseoir au pied du Grand Bouddha avec les personnes importantes. Après quelques prières accompagnées de musique traditionnelle, nous repartons du temple pour redevenir des jeunes filles du 21ème siècle, en prenant le temps de boire un thé en compagnie des autres membres du défilé avant de quitter l'enceinte du Tôdaiji.

Au final une très belle cérémonie au pied du Grand Bouddha à un emplacement VIP, le plaisir de porter un magnifique costume d'époque, bref un de ces souvenirs inoubliables qui ne me font pas regretter d'avoir attéri à l'université de Nara. Après cette journée éprouvante, nous avons fait une gyôza party (ravioles chinois) chez Okada et son copain. La soirée s'est terminée à 21h et j'avais l'impression qu'il était 2h du matin. Nous étions vraiment toutes épuisées mais très satisfaites de cette belle journée.

lundi 21 avril 2008

Les kofun pour les nuls

Il y a quinze jours, l'année scolaire a commencé au Japon. C'est donc la période des repas de début d'année, des discours de présentation à gogo (5 en une semaine, j'en ai ras le popotin des présentations) mais aussi des sorties d'intégration. Ainsi, après avoir eu le repas d'intégration de la section d'histoire ancienne vendredi soir, hier j'avais la sortie d'intégration (de la même section). Au programme la visite d'un sanctuaire et une balade dans la campagne japonaise jonchée de kofun.

Les kofun, comment ça marche ? Et surtout qu'est ce que c'est ? La définition scientifique dirait que les kofun sont des monuments funéraires mégalithiques japonais de la proto-histoire. A mes souhaits. Je dirais plus simplement que ce sont un peu les équivalents des pyramides égyptiennes, mais en plus récent. Et avec de l'eau autour. Enfin pas toujours. Bref, un kofun c'est une tombe, et cette tombe c'est un gros tas de terre sur lequel on a planté des arbres. Et parfois on a creusé un étang autour de cette tombe.


La forme la plus commune des kofun est la forme dite "en trou de serrure" (je ne vous explique pas pourquoi, ça me parait évident) mais il en existe d'autres beaucoup moins sympas et plus rares que je ne présenterai pas ici parce que j'en ai pas sous la main. Les kofun ont même donné leur nom à une période historique, la période de kofun justement (3ème siècle au 7ème siècle en gros).

Alors bien entendu, n'importe qui ne pouvait pas se payer un kofun pour ses vieux os, c'était réservé aux empereurs et à la noblesse (ceux des empereurs étant bien sûr plus impressionnants). Comme souvent, la tombe était ornée d'objets en tous genres pour accompagner le défunt mais aussi pour protéger les vivants de l'esprit du mort (encore que pour ce point ça reste ambigu).

Le problème c'est qu'un kofun ça prend de la place, et qu'au train où ça allait certaines régions du Japon allaient plus ressembler à un gruyère (enfin je devrais plutôt dire un emmental vu que le gruyère n'a pas de trous) qu'à autre chose. Il a donc été décrété que désormais, pour reposer en paix, les nobles feraient comme tout le monde et auraient une tombe classique. Non mais.

Une des régions où l'on trouve le plus de kofun est le Kansai (pour ceux qui ne suivent pas, je suis en plein dedans). Il n'y a qu'à voir une image satellite des environs de Nara pour comprendre pourquoi ils ont interdit cette pratique. Et encore, là où on était hier, c'était pire, mais comme c'est un trou paumé, les images satellites ne sont pas assez précises pour que je vous montre.


Saurez vous retrouver les 5 kofun ?

Hier donc, nous nous sommes rendues au kofun de Kurotsuka, kofun sur lequel on peut grimper dessus (mais pas rentrer à l'intérieur, on ne peut le faire que dans de très rares kofun) et même pique-niquer (et ça fait bizarre de se dire qu'on mange un sandwich sur une tombe géante). Puis nous avons fait un tour dans les environs pour voir d'autres kofun.


Point culminant du kofun de Kurotsuka



Du kofun de Kurotsuka on peut en apercevoir un autre au loin

En chemin, nous avons aperçu deux kofun d'empereurs. Qu'est ce qui les différencie des autres ? Tout d'abord il y a un torii à l'entrée. Pour les observateurs, vous pourrez remarquer une petite différence avec les torii classiques des sanctuaires : la partie supérieure est plus simple, et surtout elle est ronde. C'est la spécificité des torii marquant l'entrée des kofun impériaux.


Kofun impérial et surtout inviolable


Le torii indiquant qu'il s'agit d'un kofun impérial

Autre particularité, le statut de ces kofun. En effet, le visiteur lambda ne peut pas l'approcher, ce qui parait logique. Mais même les archéologues ne peuvent faire de recherches comme ils le feraient sur n'importe quel kofun. Ces kofun là sont inviolables, sacrés, et c'est uniquement en cas de restauration qu'un chercheur pourra pénétrer sur la tombe sacrée.

Mais le gros problème des kofun c'est qu'il y en a tellement qu'au bout d'un moment on devient un peu parano et qu'on voit des kofun là où il n'y a qu'une colline boisée.


Au loin on aperçoit le torii géant du sanctuaire de Oomiya



Midori et Tsuchi fusionnent sur un kofun. Ou sur une colline.




On trouve beaucoup d'étangs artificiels dans la campagne pour l'irrigation des rizières

Après cette balade campagnarde, nous sommes allées au Oomiya jinja (le sanctuaire du grand dieu), un des sanctuaires les plus vieux du Japon. Il se peut même que ce soit le plus vieux du Japon mais j'avais beau être entourée d'étudiantes en histoire ancienne, elles n'étaient pas foutues de se mettre d'accord sur ce point. On dira donc que c'est un des plus anciens. Idem pour son torii, pas moyen d'avoir de réponse définitive, on dira donc que c'est un des plus grands du Japon.


L'imposant torii marquant le début du domaine du sanctuaire


Un torii plus modeste marque l'arrivée au sanctuaire en lui même

Je ne sais pas trop de quoi le sanctuaire a été victime (surement le classique combo incendie + séisme) mais les bâtiments sont relativement récents. Le petit groupe, après avoir fait une prière au maître des lieux, s'est ensuite précipité pour acheter des omikuji (prédictions).




Une miko passe furtivement pendant la prière


Bon ou mauvais présage ?


Tsuchi se débarasse de son mauvais présage en le nouant à un fil

Après le sanctuaire de Oomiya, nous nous sommes dirigées vers un autre petit sanctuaire, passage quasi obligé pour des étudiantes : un sanctuaire dédié à la sagesse et où une prière peut rapporter un peu plus d'intelligence. Là bas, les ema (plaquettes sur lesquelles on écrit ses voeux) sont en forme de hibou et on peut y lire les voeux de réussite aux examens de diverses universités de la région, dont la notre.



Certains attachent leur ema à des endroits dangereux en espérant avoir un meilleur taux de réussite aux examens ?


Coucher de soleil sur la montagne et le torii géant

Après cette journée chargée passée sous un grand soleil (sauf sur la fin), j'avais attrapé une petite insolation, donc mal de crâne et fièvre. Le cerveau a doublement chauffé puisque j'ai passé la journée à jongler entre l'anglais (pour parler avec la nouvelle élève bulgare) et le japonais. Résultat en rentrant, mon cerveau avait complétement fondu et les neurones étaient tout mélangés, si bien que je n'arrivais plus à penser en français mais uniquement dans un japanglais étrange. Ce qui est assez destabilisant, il faut bien l'avouer.

dimanche 6 avril 2008

Le retour de la vengeance du sakura

Oui je sais je suis chiante avec mes sakura mais pas de panique, c'est bientôt fini. Les blancs commencent à perdre leurs fleurs dans une neige de pétales et les roses qui sont maitenant en fleur sont peu nombreux. Et surtout, à partir de demain il fait moche. Ca aurait du commencer aujourd'hui mais nous avons eu une journée de répis, je me suis donc baladée à Nara parce que quand même, ça serait ballot de ne pas avoir de photo des sakura de ma ville.

Après avoir acheté de quoi pique niquer, direction les bords de la Sahogawa. Je me trouve un petit coin à l'ombre d'un cerisier, installe mon petit tapis de pique nique acheté pour l'occasion et sors mes victuailles. Comme une journée de sakura sans drame ne serait pas une bonne journée, je renverse mon sake alors que je n'en avais bu que le quart. J'ai donc fini le repas au thé vert, ce qui est nettement moins festif.


Vue de mon petit coin pour pique niquer


Puis je remonte la rivière pour retourner dans le centre de Nara. Sauf que bien entendu je pars du mauvais côté, donc arrivée au bout de l'allée de sakura, je reviens sur mes pas et galère un peu pour suivre la rivière qui décide de faire un virage à 90° pile au moment où on ne peut plus la longer. Heureusement les sakura sont pas vraiment discrets, j'ai donc réussi à retrouver mon chemin.











Les pétales s'accumulent au pied de la chute






Arrivée au bout de l'allée de sakura, je me dis qu'un petit tour par le parc de Nara pourrait être sympa, des fois qu'il y ait aussi des cerisiers. Mais je suis détournée en chemin par un temple que j'aperçois au loin. En fait on ne peut pas entrer dans l'enceinte du temple, je décide donc de m'enfoncer dans les petites rues désertes du quartier, c'est beaucoup plus reposant que le parc qui doit être bondé de monde.


Mimosa et sakura




Une aigrette fait trempette

Je me balade donc dans un dédale de ruelles, croisant par moments le chemin d'un petit sanctuaire. Je continue à errer, choisissant les ruelles au hasard, ne sachant pas vraiment où me portent mes pas. Jusqu'à ce que j'accède à une rue surélevée me donnant un bon point de vue sur la ville. Et y'a pas à dire, mon sens de l'orientation n'est vraiment pas au point ...


Le pire c'est que je repasse devant une boutique devant laquelle j'étais passée quelques temps plus tôt alors que j'étais persuadée n'être jamais passée par cette rue. J'ai même découvert que la Sahogawa passait pas loin de la fac. Un jour peut être j'arriverais à me repérer dans cette ville, mais je ne sais pas si les quelques mois restants vont suffire vu le (gros) handicap de départ.