jeudi 24 janvier 2008

Plouf !

Aujourd'hui je vais vous parler d'une habitude de la vie de tous les jours, j'ai nommé le bain. Si possible, un japonais prendra tous les soirs un bain pour se relaxer de sa journée. On peut même dire que c'est un rituel. Par exemple ma voisine, réglée comme une horloge, prend tous les jours son bain à minuit tapantes.

Quelques petites précisions au sujet du bain : les japonais aiment ce qui est chaud et prennent leur bain à 42°, hiver comme été. Un seul bain pour toute la famille, qui se succédera tour à tour, en laissant en général le père prendre son bain en premier afin qu'il profite pleinement de la chaleur. Personnellement je préfère le prendre en dernier parce que 42° je peux vraiment pas, j'aime moyen avoir l'impression d'être un homard dans sa marmitte.

Je vous vois venir "ah mais ils sont crades de tous prendre leur bain dans la même eau, le premier ok mais le dernier doit tremper dans la sueur et le gras des autres". Je vous arrête tout de suite. Au Japon, on ne prend pas un bain pour se laver mais pour se détendre, il faudra donc au préalable prendre une douche avant de rentrer dans le bain. L'eau reste donc relativement propre.

Le système de salle de bain japonaise est très particulier. En général une salle de bain est composée de deux pièces en enfilade. Dans la première se trouvent souvent un lavabo et une machine à laver (qui ne lave pas et qui réduit en charpie les vêtements, mais ça c'est un autre problème). Dans la deuxième il n'y a qu'une baignoire et une douche murale. Cette deuxième pièce étant entièrement carrelée, on peut donc prendre sa douche en en foutant partout, ce qui est assez sympa. La douche murale étant assez basse, on prend donc sa douche assis sur un petit tabouret (mais rien n'interdit de se lever).

Voilà, maintenant vous savez tout du bain à la japonaise. Le bain se prend normalement "nature" mais il existe des tas de produits tous plus étranges les uns que les autres à mettre dans le bain, de la reconstitution de parfums d'eaux de sources au lait à la fraise en passant par le cédrat. Curieuse, j'en ai testé quelques uns.

Ouvrons le bal avec des bains "bien de chez nous", c'est à dire au fromage et au vin (forcément quand j'ai vu ça, en bonne française, je n'ai pas pu résister).


Voici donc la tablette au fromage. Enfin c'est ce qui est écrit. Mais ça sentait tout sauf le fromage (et quelque part je suis un peu rassurée parce que j'appréhendais vachement de prendre un bain au fromage). Du coup j'ai eu un doute, peut être était ce juste en français pour faire joli, comme ça arrive souvent. Mais non, il est bien marqué en japonais en dessous que c'est au fromage. Alors Charley il procure peut être à mon coeur des "instants bains" delicieux, n'empeche que je l'enverrais bien en France suivre d'une part des cours gastronomiques sur le fromage, et d'autre part des cours de français parce que "tablet à table" ça ne veut strictement rien dire.



Passons maintenant à un autre fleuron de notre belle gastronomie, j'ai nommé le vin (oui j'aime nommer les choses). Si ce violet qui fait mal aux yeux est sensé être la couleur du vin, je comprends pourquoi le beaujolais nouveau a autant de succès ici. Et ça ne sentait pas du tout le vin, pas même le raisin, juste une odeur chimique étrange avec un arrière goût de chlore (enfin une arrière odeur, je n'ai pas bu l'eau du vin euh ... du bain). Petit bonus, c'est un bain au collagène. Me demandez pas le rapport avec le vin, je n'en vois pas. Je ne sais pas s'ils produisent du vin au Japon mais si ça ressemble à ce bain, je n'en veux pas.


Continuons dans les boissons avec cette tablette (qui ressemble à une tablette de lessive) au thé au lait. Au final un bain qui n'a de thé au lait que la couleur, enfin juste la couleur du lait en fait. L'odeur était tellement anecdotique que je ne me souviens que du fait qu'elle n'était pas celle espérée.


Ah on arrive dans les trucs marrants. Celui là c'était parfum barbe à papa à la fraise. Alors comme une couillonne j'ai jeté la photo sans la transférer sur l'ordinateur mais dans le sachet il y avait une espèce de barbe à papa rose fluo (qui collait pas comme une vraie) assez appetissante. Mais comme dit sur le sachet, il ne faut pas la manger. Au final un bain rose avec une bonne odeur de fraise chimique.


Et voici le bain au gingembre qui fait transpirer. Enfin qui est sensé, pour les deux. Parce que ça sentait pas vraiment le gingembre et que ça ne faisait pas transpirer plus que d'habitude. Mais la surprise se trouve ailleurs ! Quand on jette les sels de bain dans l'eau, on peut entendre les petits cristaux crépiter comme les bonbons en poudre qui crépitent dans la bouche. Et une surprise en cachant une autre, le bain dépose sur la peau une substance ressemblant à s'y méprendre à de la bave d'alien (en moins corrosif, fort heureusement). Je vous dis pas le choc quand je me suis rendue compte que j'étais toute gluante. Une drôle de sensation donc que ce bain.


On arrive à mon chouchou, le bain surprise. Le principe est tout con, une capsule renfermant une petite figurine est entourée d'une boule effervescente. Alors déja, grande fan de kinder surprise que je suis, je trouve le principe marrant. Et en plus quand la boule fond ça fait des petites bulles qui chatouillent. Et ça laisse la peau douce. Et en plus il y a un jouet, que demande le peuple.


Il existe plein de modèles à collectionner, et plein de collections différentes allant des pokemon aux créatures marines. Ici c'est un personnage du manga des années 60 Kitaro le repoussant, manga encore très populaire de nos jours et ayant encore droit à des adaptations en dessin animé.

Mais j'en ai encore plein à tester, comme un au parfum bois ou un au parfum sakura des montagnes (et qui en plus fait des bulles), et aussi les deux suivants :


Panacotta aux fruits des bois


Le dernier est lui aussi tiré d'un manga plus tout jeune non plus, la Rose de Versailles. Forcément parfum rose. Mais ce qui me fait marrer c'est ce que dit le monsieur sur la pochette: "Ca va aller. Je serai toujours à tes côtés". Une réplique pareille pour un bain à l'eau de rose, ça ne s'invente pas.

lundi 21 janvier 2008

Les super héros japonais

Oui désolée je vais encore parler de bouffe mais comme je suis en pleine période d'exams je bouge pas trop. Comment ça je suis pas crédible ? Bon ok, on la refait.

Comme dans 3 semaines je suis à nouveau en vacances pour une période de 2 mois et que j'aimerais bien bouger un peu plus que l'habituel train-train Osaka/Kyôto, ben je bouge plus trop en ce moment (de toute manière il fait pas beau). Donc du coup, mes loisirs se résument à apprendre les départements du Japon dans mon bain et à manger.

Aujourd'hui donc nous allons parler des nikuman, nourriture d'origine chinoise adaptée à la sauce japonaise. En japonais, niku veut dire viande, et man est en fait l'abréviation de manju qui désigne une brioche cuite à la vapeur. Le nikuman est donc une brioche à la viande de porc avec des petits oignons caramélisés. Ici, dans le Kansai, on le mange avec de la moutarde.


Le nikuman et sa forme bien particulière

Comme vous avez pu le deviner, il y a plein de déclinaisons ! Je vous présente donc les compagnons du nikuman.


Buta-man


Cheese-man


Pizza-man


ChickenChige-man


YakiImo-man


Choco-man


BeefCurry-man

Le butaman est une variante du Kansai en tous points identiques au nikuman mis à part sa forme. Et son prix.
Le cheeseman est au kiri.
Le pizzaman est fourré à la tomate avec des variantes en fonction des magasins : jambon, fromage, champignons, ...
Le chickenchigeman est ultra épicé, tellement que je serais bien incapable de vous dire ce qu'il y a dedans à part du poulet.
Le yakiimoman est fourré à la patate douce.
Le chocoman comme son nom l'indique est au chocolat.
Et enfin le beefcurryman est fourré au boeuf au curry avec des petits patates et des carottes. Il existe aussi une variante au poulet.

Mais il en existe encore bien d'autres que je desespère de trouver, comme ceux à la crevette, au poulet-mayo ou encore à la purée de haricots rouges. En tout cas ces man là ne sauvent pas le monde, mais mon estomac les trouve beaucoup plus sympathiques que tous ces hommes en collants

samedi 12 janvier 2008

Déclinaisons

Au Japon, ils adorent les produits de saison. Ils adorent aussi les offres limitées qui proposent des déclinaisons sur la nourriture et les boissons. Par exemple dans mon petit super marché, ils font des korokke (croquettes) pas chères et super bonnes. En dehors des korokke de base (viande de boeuf et pommes de terre, pomme de terre, légumes) on a droit à des korokke de saison. En automne on avait donc droit aux délicieuses korokke à la chataigne, et à celles au potiron (qu'on trouve encore en hiver). Dernièrement ma korokke chérie à la chataigne avait disparu et j'en étais bien attristée. Heureusement aujourd'hui j'ai découvert sa remplacante pour la saison hivernale, et finalement je suis bien contente de la disparition de celle à la chataigne car sa remplacante n'est autre que la reine des korokke selon moi, j'ai nommé la korokke à la crème de crabe.


Devinez le parfum de celle présente en deux exemplaires

Autre produit déclinable et très consommé par les japonais, le thé. Bon niveau thé vert on peut pas trop faire de déclinaisons, le gout est trop fort pour ça. Par contre pour le thé rouge (le thé qu'on boit en occident) il y a plein de déclinaisons. Ne serait ce que chez Lipton, en plus de celles que vous trouvez ci dessous (et qui ne sont pas les plus originales) on trouve aussi du thé au litchi, à la mangue, ou à la framboise et au miel. Chez les concurrents on trouve aussi du thé au raisin ou à la poire.


Un truc que j'adore ici ce sont les Apollo, ces petits chocolats à la fraise en forme de navette spatiale du même nom.



Menthe, pomme, melon


Chataigne, clémentine, thé vert

Là aussi plein de déclinaisons temporaires qui ont l'air bien sympas (et que l'on ne trouve visiblement que dans certaines régions), mais ce n'est rien en comparaison de ce qu'ils ont sorti pour cet hiver.


Au bon lait de Hokkaido

Chocolat blanc et myrtille. Et croyez moi, c'est vachement réussi. A noter que les japonais aiment savoir de quelle région viennent les produits, il est donc précisé que le lait vient de Hokkaido, région au nord du Japon réputée pour son lait (ça tombe bien). En tout cas je vais me depecher de me faire un stock de ceux là parce qu'ils transcendent ceux à la fraise auxquels je suis déja bien accro.

Mais je pense que les déclinaisons les plus nombreuses et les plus délirantes se trouvent chez les gateaux enrobés de chocolat. Il y a d'abbord les Pocky (Mikado en France) qui proposent tout un tas de parfums limités dans le temps, mais je crois que les parfums les plus originaux et étranges se trouvent chez Kit Kat.


Thé vert, pomme, fraise et ... fleurs de cerisier

Tout à l'heure en faisant mes courses je suis tombée sur ça. Et surtout sur le nouveau produit de saison (avec quelques mois d'avance quand même), le Kit Kat au sakura (fleur de cerisier). Alors autant le Kit Kat à la pomme et celui à la fraise sont réussis, autant celui au thé vert l'est moins, on ne sent pas du tout le thé vert ce qui est quand même génant ...

Et il y a eu plein de parfums limités, parmi lesquels : ananas, banane, chocolat blanc, vanille, kiwi, orange, framboise, raisin, melon, mais aussi parfait aux fruits et haricot rouge. Pour halloween ils en ont sorti un à la citrouille, et cet automne on a eu droit à un Kit Kat à la chataigne. J'aurais bien voulu tester celui à la citrouille, même si mes papilles ont des doutes.


Du melon, mais attention, le lait vient de ... Hokkaido


A votre avis, d'où vient le lait de ce modèle au haricot rouge ?


Le fameux (ou pas) Kit Kat à la citrouille dont le lait n'est pas de Hokkaido (en tout cas c'est pas précisé)

Et celui au sakura me direz vous. Et bien ça se mange, ça a un gout agréable bien qu'un peu écoeurant si on en mange trop je pense. Le problème c'est que je n'ai pas la moindre idée du gout que peuvent avoir les fleurs de sakura. Promis, dès qu'ils fleurissent je gouterai une fleur et je vous dirai si c'est ressemblant ou pas.

mercredi 9 janvier 2008

La science du cartable

A peine l'année commencée que les commercants préparent déja les deux prochaines grosses opérations commerciales : la saint valentin et la rentrée des classes.

Il faut savoir qu'au Japon la rentrée se fait en avril. Ils font donc mieux que nous qui déballons les fournitures de rentrée à peine les grandes vacances commencées : ici les vacances n'ont pas encore commencées et on nous matraque déja de pubs sur l'outil indispensable à tout bon écolier qui se respecte, j'ai nommé le cartable.

Ici, pas le choix pour le cartable, tout le monde a le même (à quelques détails près, mais nous verrons ça plus tard). Mais attention, ça ne rigole pas, c'est un sujet très sérieux. L'écolier japonais gardera le même cartable pendant les 6 ans qu'il passera en école primaire, donc il lui faut du costaud.

Dans cette pub, le modèle du cartable est appelé "les ailes de l'ange", sauf qu'avec le poids des bouquins il risque pas de s'envoler le gamin, mais ça c'est un autre problème. La pub vante donc les mérites de ce cartable en mettant en avant le fait qu'il ait des bretelles et un dos rembourrés, ce qui le fait correspondre parfaitement à la forme du dos, du coup c'est facile de bouger avec (quand je vois les petits de 6 ans qui sont presque aussi hauts que leur cartable j'ai des doutes quant à leur facilité de se mouvoir mais passons).

Curieuse, je suis allée voir le site mentionné dans la pub histoire de voir combien coute cette petite merveille. Et là j'ai découvert que les cartables c'est comme les voitures, il y a le modèle de base, et après il y a les supers options qui changent la vie. Déja on nous vante les mérites des équipements de base à grand renfort d'explications très sérieuses.


Avec "les ailes de l'ange" le poids est mieux réparti


Un meilleur confort pour le dos de votre enfant


Les bretelles rembourrées assurent un meilleur maintient

En gros le modèle de base propose des bretelles ajustables (encore heureux !) et des bandes reflechissantes et coute 23000 yens (150 euros environ). Mais ça peut grimper jusque 58000 yens (350 euros) !


Le modèle de luxe avec le listing de ses supers options

A ce prix là vous avez droit à un mousqueton, un système de cadenas, un rembourrage à l'intérieur pour que les livres aient eux aussi droit au confort et quelques autres options tout aussi utiles. Vous avez aussi la possibilité d'avoir un cartable griffé avec des personnages populaires chez les enfants, comme par exemple Hello Kitty. Forcément la marque se paye, donc il vous faudra débourser 45500 yens (dans les 300 euros) pour avoir un discret logo gravé dans le cuir et quelques options supplémentaires par rapport au modèle de base histoire de justifier le prix.


Discret de l'extérieur pour ne pas se faire remarquer

Mais alors attention, il y a deux supers options de base sur tous les cartables ! Déja on peut faire graver le nom de l'enfant gratuitement (ce qui n'est pas inutile vu que tous les cartables se ressemblent).


On peut même choisir la couleur !

Et attention, deuxième super option, l'imperméabilité ! (ben encore heureux à ce prix là ...)


On nous explique même comment ça marche ...

Ceci dit je m'attendais à plus cher en voyant la pub étant donné que j'ai déja vu un cartable à 80000 yens (500 euros). A ce prix là j'aimerais bien savoir ce qu'il propose de plus. Chauffage intégré ? GPS ?

jeudi 13 décembre 2007

Casse tête japonais

Mon amie Yuriko a accouché le 28 novembre de son troisième enfant. Lorsque je lui ai envoyé un mail pour la féliciter et lui demander le prénom du bébé, elle m'a répondu à ma grande surprise qu'ils n'avaient pas encore décidé. Je ne m'imaginais pas alors quel casse tête cela représentait pour les japonais de donner un prénom à leur enfant.

En effet les japonais sont très supersticieux. Yuriko et son mari le sont d'autant plus qu'ils sont très proches des traditions. C'est donc en toute logique qu'ils ont suivi le cahier des charges pour le prénom du petit dernier. Encore que je n'ai pas l'impression qu'ils se soient autant pris la tête pour les deux premiers, mais passons.

Pour faire ça dans les règles de l'art il faut que la signification du prénom corresponde au caractère de l'enfant, ou à celui qu'on aimerait qu'il ait. Ce qui explique qu'il faut attendre que l'enfant soit né parce que pour deviner le caractère d'un nouveau né c'est déja pas coton, alors quand le bébé est encore dans le ventre de sa mère je vous raconte pas ... Mais plus compliqué encore, il faut tenir compte du nombre de traits du ou des caractères composant le prénom, et additionner ce nombre de traits à ceux du nom de famille, pour que le total soit un chiffre faste (parait qu'il existe même des bouquins pour ça).

Il y a aussi la possibilité d'aller voir un voyant pour qu'il puisse aider. Il y a aussi l'option qui permet d'inclure un kanji du prénom du père dans celui du fils (c'est le cas pour leur premier fils : le père s'appelle Yôichi, le fils Taiyô, ici c'est le kanji de qui a été gardé). Bref les parents ont interet à faire un stock d'aspirine pour faire concorder tout ça.

Le 8 décembre, Yuriko m'envoie un mail : le bébé ne s'appelle plus bébé et a enfin un prénom ! Elle et son mari ont donc "fait de la divination à partir de leurs prénoms sur Internet". Me demandez pas comment ça marche, je me suis même demandé plusieurs fois si j'avais pas mal compris la phrase, mais non, c'est bien ça, pas de doute possible. A ce résultat il a fallu trouver un chiffre porte bonheur pour le nombre de traits, sachant que le nom de famille fait plus de 35 traits (chose rare). Il fallait aussi que ça colle au caractère de l'enfant. Ayant l'air très eveillé et vigoureux, son prénom signifie donc "preste, rapide". Il renvoie aussi l'image de quelqu'un de fort.

Bienvenue donc à Hayate, qui a bien ennuyé ses parents pendant 2 semaines ! 2 semaines où il n'a pas eu d'autre appellation que "bébé" (je sais, j'insiste vraiment sur ce point, mais ça m'a laissée sur le cul comme on dit)